DAKAR – 720 milliards de FCFA sur la table. Le Sénégal engage un vaste chantier de refondation de son système de santé. Le gouvernement prévoit d’investir cette enveloppe d’ici 2030 pour renforcer l’offre de soins, en s’appuyant sur la nouvelle Carte sanitaire 2026-2030.
Présentée jeudi par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, cette carte servira désormais de « cadre de référence pour tous nos investissements stratégiques », a indiqué Ndèye Magatte Ndiaye, directrice de cabinet du ministre.
Hôpitaux, centres de santé et recrutements massifs
Ces investissements doivent notamment permettre d’achever plusieurs grands projets, dont l’hôpital Aristide Le Dantec, le Centre national d’oncologie et l’hôpital de Ourossogui.
La Carte sanitaire prévoit également la transformation d’une soixantaine de postes de santé en centres de santé, ainsi que la construction de 35 nouveaux centres de santé inscrits au budget de l’État. À cela s’ajoute le recrutement en cours de 2 500 agents de santé.
Selon le représentant de l’OMS au Sénégal, Dr N’da Konan Michel Yao, cet instrument vise à favoriser « une meilleure répartition de l’offre de soins, la réduction des inégalités et l’accélération vers la couverture sanitaire universelle ».

Lutter contre les déserts médicaux grâce au numérique
Parmi les priorités figure le rapprochement des soins des populations. Pour y parvenir, le ministère mise notamment sur la télémédecine et l’itinérance médicale, le renforcement des postes de santé en matière de dépistage et d’échographie, ainsi que la mise en place de centres de santé de niveau 3 dans chaque département.
L’objectif est de réduire les évacuations sanitaires vers Dakar et à l’étranger en rapprochant les soins spécialisés des populations.
La digitalisation occupe également une place centrale dans cette réforme, avec le déploiement du Dossier patient informatisé (DPI), destiné à améliorer la continuité des soins et le pilotage du système de santé.
Des pôles d’activités et réseaux hospitaliers seront également créés afin de favoriser la mutualisation des ressources et une meilleure coordination des structures de santé.
Former davantage pour répondre aux besoins

Le défi des ressources humaines reste considérable. La représentante du MESRI, Ndèye Sine Diop, a annoncé un besoin de 1 270 médecins à recruter d’ici 2030, soit environ 250 par an.
À partir de 2027, les cursus de formation médicale et paramédicale seront « directement alignés sur les profils de besoins sanitaires identifiés dans la Carte sanitaire ».
Une révision de la carte des spécialités ainsi qu’une convention entre l’État et les établissements de formation sont également prévues avant la fin de 2026.
Avec cette Carte sanitaire 2026-2030, le Sénégal entend ainsi poser les bases d’un système de santé plus accessible, davantage spécialisé et mieux réparti sur l’ensemble du territoire.
























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