Le gouvernement sénégalais a rendu public le projet de loi de finance pour l’année 2026. Cette publication a suscité des réactions au sein de la classe politique. Pape Malick NDOUR, ancien ministre de la Jeunesse sous Macky SALL, a apporté son point de vue sur ce projet.
L’ancien ministre a commencé par questionner l’usage des fonds intergénérationnel. Selon ses dires, en 2025, une dotation de 7,5 milliards de F CFA avait été inscrite sur le projet de loi de finance avant d’être finalement annulée par la loi de finance rectificative. « Où sont passés les 7,5 milliards brusquement annulés l’année dernière ? Et, dans ce cas, pour quel motif et à quelle destination réelle auront-ils été réaffectés ? », interroge M. NDOUR.
Pour 2026, un montant identique a de nouveau été positionné. Mais plusieurs questions demeurent. « Ces fonds seront-ils effectivement mobilisés et investis ? Si oui, dans quels secteurs et avec quelle rentabilité attendue pour les futures générations ? Ou bien connaîtront-ils le même sort que l’an dernier, en étant annulés dans le cadre d’une loi de finances rectificative (LFR) ? », lance P. Malick NDOUR.
Pour le responsable de l’alliance pour la république (APR), ces questions méritent d’être posée, car la transparence sur la gestion du Fonds intergénérationnel « n’est pas seulement une exigence de bonne gouvernance : c’est un gage de responsabilité envers les générations futures. »
L’autre point marquant du projet de loi de finance concerne la hausse du budget de la présidence. Le budget de la Présidence de la République est projeté à 204 milliards de F CFA pour l’exercice 2026 contre 72 milliards en 2025. « Une hausse spectaculaire, presque vertigineuse, qui ne peut passer inaperçue dans un contexte économique marqué par des appels de détresse budgétaire », affirme M. NDOUR.
Selon Pape Malick NDOUR, cette somme qui, à elle seule, dépasse le budget de plusieurs ministères, ne peut pas être justifiée. « Pourtant, à la lecture combinée des deux derniers décrets de répartition des services de l’État, aucune méga-structure nouvellement rattachée à la Présidence ne semble pouvoir justifier une telle explosion des crédits », dit-il.
Il affirme que cette augmentation ne peut être attribuée ni à l’établissement d’une nouvelle entité de grande envergure, ni à une transformation organisationnelle significative. Il affirme donc que c’est au gouvernement d’éclairer l’opinion publique sur les véritables ressorts de cette augmentation.
« Sans réponses claires, cette hausse budgétaire alimentera davantage notre scepticisme et nourrira, pour encore longtemps, l’idée que nous avons d’un État dispendieux, éloigné des priorités sociales et économiques du moment », conclut Pape Malick NDOUR.



![[ Vidéos] Dakar : un programme nutritionnel d’envergure pour 1 500 talibés et des familles vulnérables lancé par le CNDN et la SAR](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/04/appuie-1-360x180.webp)







![[ Vidéo] Hommage à Tijane Sylla : quand la pensée managériale africaine revendique sa souveraineté](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260419-193526-360x180.png)













































