
Le Sénégal, ce pays où le football est bien plus qu’un jeu, se trouve une nouvelle fois à la croisée des chemins. Alors que notre équipe nationale dispute les éliminatoires pour la Coupe du monde 2026, les débats enflamment les réseaux sociaux, les plateaux télé, les « grands-places » et les tribunes des stades. Une passion dévorante, presque irrationnelle, anime le peuple. Mais cette ferveur cache aussi des travers qui font frémir.
Au Sénégal, la défaite ne tue pas seulement l’élan collectif, elle ravive souvent les rancœurs individuelles. Il est fréquent de voir certains exulter à l’annonce d’une élimination. Comme si la chute d’une équipe devenait la revanche silencieuse de ceux qui n’ont pas été associés à ses victoires. J’ai entendu, de mes propres oreilles, des cris de joie saluer une élimination. Certains, je le crains, n’hésitent peut-être pas à aller visiter nos « pratiques ancestrales », pour espérer l’échec de l’équipe dirigeante en place.
Disons-le. Les enjeux sont immenses. L’absence du Sénégal à la prochaine Coupe du monde serait un drame sportif, mais aussi un gouffre financier, comme l’a démontré l’impact des contreperformances de 2024.
Et pourtant, dans ce contexte électrique, le pays s’apprête à organiser les élections pour le renouvellement des instances de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Faut-il maintenir ce scrutin alors que l’avenir de notre équipe nationale est suspendu à quelques matches ? La question se pose avec de plus en plus d’acuité.
Un journaliste a récemment proposé le report de ces élections. J’ai d’abord accueilli cette idée avec distance, presque sceptique. Mais à mesure que la tension monte, que les passions s’exacerbent, je commence à comprendre la pertinence de sa suggestion. Reporter les élections ne serait pas une fuite en avant, mais un acte de sagesse.
La qualification à la Coupe du monde, que nous appelons tous de nos vœux, serait peut-etre exploitée comme un trophée politique par l’équipe en place, occultant les lacunes structurelles de notre football mais nous pensons que, le moment venu, chaque électeur statutaire aura une vue holistique sur notre football avant de choisir le candidat idéal.
Il s’agira juste d’éviter que l’arbre, l’équipe nationale, ne cache la forêt des réalités. Que la ferveur populaire ne vienne altérer le jugement des électeurs appelés à faire un choix lucide sur l’avenir du football sénégalais.
La victoire des Lions n’a pas de prix. La clarté dans la gouvernance et la bonne gestion du football dans toute sa diversité non plus: ligues régionales, football féminin, arbitrage, formation, infrastructures…
Mais pour que toutes les énergies fassent focus sur l’essentiel, je me déclare désormais favorable au report; l’essentiel étant déjà la qualification. Et vous?











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