
La Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre accorde une place relativement importante au secteur de l’éducation. Les annonces portent notamment sur les infrastructures scolaires, le recrutement, la transformation numérique, la réforme curriculaire, le développement des STEM, la promotion des langues nationales, l’intégration des daaras ainsi que la poursuite des investissements dans l’enseignement supérieur.
Ces orientations traduisent une volonté affichée de poursuivre la transformation du système éducatif sénégalais. Le recrutement annoncé de 2 527 enseignants au plus tard au quatrième trimestre 2026, après les 4 980 recrutements effectués en 2025, constitue notamment une mesure concrète et mesurable. La suppression annoncée des abris provisoires, la construction de 15 000 salles de classe connectées, la réalisation de nouvelles infrastructures scolaires et universitaires ainsi que le développement du numérique constituent également des annonces à saluer.
Mais, au-delà des infrastructures et des réformes structurelles, une question essentielle demeure : qu’en est-il des femmes et des hommes qui font fonctionner quotidiennement l’école ?
L’enseignant, principal angle mort de la DPG
C’est précisément sur ce point que l’appréciation syndicale appelle davantage de vigilance.
La DPG semble relativement précise lorsqu’il s’agit de construire, de recruter, de connecter ou de réformer. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit de répondre aux préoccupations des enseignants déjà en service.
Or, une politique éducative ne peut être évaluée uniquement à l’aune du nombre de salles construites ou d’enseignants recrutés. La qualité d’une école dépend aussi de la situation matérielle, professionnelle et sociale de ceux qui y exercent.
Rémunération, carrière, indemnités, formation continue, conditions de travail, mobilité, reconnaissance professionnelle et respect des engagements pris avec les organisations syndicales constituent des enjeux majeurs pour le personnel enseignant.
Sur ces questions, les passages consacrés à l’éducation dans la DPG ne semblent pas apporter de réponses suffisamment précises.
Le protocole du 16 avril 2026 ne peut être passé sous silence
Cette absence de réponses est d’autant plus préoccupante que le gouvernement a déjà pris des engagements précis avec les syndicats d’enseignants du G7, à travers le protocole d’accord du 16 avril 2026.
Parmi ces engagements figure un dossier central pour le mouvement syndical : la correction du système de rémunération des agents de l’État, notamment des enseignants.
Lors des débats sur la DPG, le député Bacary Diédhiou a d’ailleurs interpellé directement le Premier ministre sur le respect des accords conclus avec les syndicats du G7. Il a notamment demandé au chef du gouvernement si son équipe entendait respecter les engagements pris et concrétiser la correction du système de rémunération.
Cette interpellation appelait une réponse claire. Elle ne l’a malheureusement pas eue.
Le Premier ministre n’a pas apporté de réponse explicite à cette question précise.
Pour les enseignants, cette absence de réponse ne peut être considérée comme un simple détail de séance. Elle nourrit légitimement les interrogations sur la volonté réelle du gouvernement de donner suite aux engagements consignés dans le protocole du 16 avril.
Des annonces pour l’école, des garanties attendues pour les enseignants
Il convient donc de distinguer deux niveaux.
D’un côté, les annonces concernant le système éducatif sont nombreuses et, pour certaines, positives : recrutements, infrastructures, numérique, réforme curriculaire, STEM, bilinguisme, intégration des daaras, alimentation scolaire et développement de l’enseignement supérieur.
De l’autre, les revendications spécifiques des personnels enseignants restent insuffisamment prises en charge dans la DPG.
Cette distinction est fondamentale.
On ne peut pas construire une école nouvelle sans améliorer la situation de ceux qui l’animent. On ne peut pas parler de transformation qualitative du système éducatif sans s’attaquer aux difficultés professionnelles et sociales des enseignants. Et surtout, on ne peut pas demander aux enseignants de s’engager davantage pour l’école tout en laissant en suspens les engagements pris à leur endroit.
Le véritable test sera dans l’exécution
Pour le CUSEMS et le G7, la DPG doit donc être appréciée non seulement à travers les intentions qu’elle affiche, mais également à travers les actes qui suivront.
Le gouvernement doit désormais apporter des réponses concrètes sur :
- la correction du système de rémunération ;
- la mise en œuvre effective du protocole d’accord du 16 avril 2026 ;
- l’amélioration des carrières et des conditions de travail ;
- la question des indemnités et de la formation ;
- le règlement des dossiers administratifs en souffrance ;
- et, plus largement, la reconnaissance à sa juste valeur du rôle des enseignants dans la transformation de l’école sénégalaise.
La suppression des abris provisoires, la construction de salles de classe et le recrutement de nouveaux enseignants sont nécessaires. Mais ils ne sauraient constituer, à eux seuls, une politique éducative complète.
Le Sénégal a besoin d’une école moderne, performante et inclusive. Il a tout autant besoin d’enseignants motivés, correctement rémunérés, respectés dans leur carrière et rassurés quant au respect de la parole de l’État.
Une question demeure donc posée au gouvernement :
Après avoir annoncé ce qu’il veut faire pour l’école, quand le gouvernement dira-t-il clairement ce qu’il compte faire pour les enseignants et, surtout, quand traduira-t-il en actes les engagements pris le 16 avril 2026 ?
Pour le mouvement syndical enseignant, c’est là que se situe désormais l’un des principaux enjeux de cette DPG : passer des annonces aux garanties, et des engagements à leur concrétisation.



![[ Images] PNDIES-P1 : 120,5 millions FCFA pour révolutionner le diagnostic de gestation et renforcer la productivité de l’élevage sénégalais](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/IMG-20260908-WA00501-360x180.jpg)


















![[ Contribution] UN NOUVEL ENGAGEMENT, UNE MÊME AMBITION POUR LE FOUTA ET LE SÉNÉGAL](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/IMG-20260905-WA0031_1-360x180.jpg)


![[ Vidéo] Crise à Ceuta : la colère monte en Espagne après l’afflux migratoire](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260906-094524-360x180.png)





![[ Vidéo] Norvège : un navire russe saisi dans l’Arctique](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260904-101902-340x180.png)
























