L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) a bouclé à Sédhiou une vaste opération de sensibilisation et de formation visant à instaurer des cadres communaux de concertation sur l’état civil. Objectif : combler le déficit de déclarations de naissances, mariages et décès dans cette région du sud, encore marquée par la faiblesse de ses registres.
Pendant deux jours, plusieurs communes de la région de Sédhiou — dont Sédhiou, Mampatim, Diaobé-Kabendou, Médina Wandifa, Nyassia et Mangagoulack — ont accueilli une opération de sensibilisation et de renforcement de capacités initiée par l’Agence nationale de l’état civil (ANEC).
Cette initiative, soutenue par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à l’état civil. Elle vise à outiller les acteurs locaux afin d’améliorer la déclaration des actes d’état civil et d’assurer une meilleure fiabilité des registres.
« L’objectif est de renforcer les capacités des acteurs locaux pour qu’ils puissent à leur tour sensibiliser les populations sur l’importance de déclarer les naissances, mariages et décès dans les délais légaux », a expliqué Ibrahima Etia, directeur de la formation, des opérations et de la sensibilisation à l’ANEC.
Selon lui, la région de Sédhiou figure parmi les zones à faible taux de déclaration, notamment pour les mariages et les décès. Une situation préoccupante qui fragilise la planification des politiques publiques dans des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et la protection sociale.
« Le déficit de déclaration a des conséquences directes sur la fiabilité des statistiques nationales et, par conséquent, sur la pertinence des politiques publiques », a rappelé M. Etia.
Pour inverser la tendance, l’ANEC mise sur une approche participative, impliquant non seulement les agents municipaux, mais aussi les journalistes et les relais communautaires, considérés comme des relais essentiels dans la sensibilisation des populations.
Ces acteurs locaux auront pour mission de vulgariser les procédures de déclaration et de mettre en avant les avantages d’un état civil fiable, notamment en matière d’accès aux droits et aux services sociaux.
« Cette formation nous permet de mieux comprendre les procédures de déclaration et de respecter les délais légaux », a témoigné Ibrahima Gniariya, responsable de l’état civil de Diaobé-Kabendou. Il a plaidé pour la création de cadres communaux de concertation, afin de coordonner les efforts entre mairies, relais communautaires et médias pour des pratiques plus efficaces et durables.
En clôturant l’activité, Ibrahima Etia a annoncé la préparation de la troisième édition de la Semaine nationale de l’état civil, prévue du 17 au 22 novembre. L’événement mettra un accent particulier sur la modernisation des registres à travers l’usage des outils numériques, une étape décisive vers la transformation du système d’état civil au Sénégal.