À Dakar, la réflexion sur l’avenir de la protection sociale au Sénégal franchit un nouveau cap. Ce jeudi, Legs Africa, la plateforme des acteurs non étatiques et le Bureau d’évaluation des politiques et programmes publics ont réuni chercheurs, think tanks et décideurs autour d’une table ronde du Dialogue inclusif sur les systèmes sociaux (DIISSO). Objectif : dépasser les constats pour construire des politiques plus efficaces, équitables et soutenables.
Dans un contexte marqué par des ressources limitées et des urgences multiples, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique impulsée par les nouvelles autorités. Selon Mor Seck, l’État a fait le choix de systématiser les échanges avec la société civile depuis l’arrivée du président Bassirou Diomaye Faye. « Ces rencontres mensuelles balisent les grands chantiers », a-t-il rappelé, citant la fiscalité, l’emploi et désormais la protection sociale comme priorités stratégiques.
Au cœur des discussions, un triptyque jugé incontournable : équité, inclusion et soutenabilité. Pour Mor Seck, l’enjeu n’est plus de lancer des programmes, mais de garantir leur pérennité. Couverture sanitaire universelle, logement social, cantines scolaires : autant d’initiatives déjà en place qu’il s’agit désormais d’ajuster à partir des réalités du terrain. « Il faut corriger et améliorer en continu pour bâtir un modèle de référence en Afrique de l’Ouest », a-t-il insisté.
De son côté, Cheikh Gueye a souligné la portée du DIISSO comme espace de co-construction. « L’État n’a pas le monopole de la donnée, la société civile n’a pas celui de la critique », a-t-il affirmé, appelant à une collaboration renforcée pour produire des politiques publiques partagées et mieux ancrées dans les réalités sociales.
Mais au-delà du dialogue, la question des moyens reste centrale. Hamadou Kanouté a mis en lumière les limites actuelles du financement de la protection sociale. Il rappelle qu’entre 2022 et 2023, l’alimentation scolaire ne représentait que 0,11 % du budget de l’Éducation nationale, illustrant l’ampleur des défis.
Pour lui, la solution pourrait aussi venir des dynamiques locales. Tontines, associations villageoises d’épargne et de crédit : ces mécanismes constituent une économie informelle mais puissante. « Pourquoi ne pas en mobiliser une partie pour financer la santé et la protection sociale ? », propose-t-il, suggérant par exemple un prélèvement symbolique de 3 500 FCFA sur les cagnottes pour favoriser l’adhésion aux mutuelles.
Cette approche repose sur une conviction forte : une protection sociale durable ne peut dépendre exclusivement des bailleurs internationaux. « Adossée aux solidarités existantes, elle devient viable et pérenne », a-t-il plaidé.
Au terme de cette table ronde, un consensus semble se dégager : l’avenir de la protection sociale au Sénégal passera par une alliance renforcée entre l’État et les initiatives citoyennes. Entre réformes structurelles et valorisation des mécanismes endogènes, le pays tente de tracer une voie originale, capable de répondre aux besoins immédiats tout en construisant un modèle durable.













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