Elle rejette une démocratie accaparée par une élite, et exige qu’elle soit redéfinie à partir connu des conflits violents, mais grâce à la volonté de ses dirigeants, elle a pu redresser la paisiblement dans un espace communautaire prometteur: la CEDEAO. Certes, la région a de la base.
Cependant, malgré la richesse des analyses savantes, j’ai parfois l’impression qu’elles
d’État, il a eu le mérite d’éveiller les consciences citoyennes. Depuis, les peuples réclament
révolu.
La jeunesse veut enfin mettre à l’épreuve ce futur qu’on lui a si souvent promis.
À ce titre, la question de la limitation des mandats devient emblématique : les peuples
des jeunes accèdent à l’enseignement secondaire, et près de 30% l’abandonnent
tête et contenir les menaces issues de quatre foyers majeurs d’instabilité: le système de
notables, les taux de chômage frôlent les 30% dans de nombreux pays.
À peine la moitié une démocratie vivante, tangible, et accessible. Entre 2000 et 2023, la population ouest-africaine est passée de 250 à 400 millions
restent trop académiques, déconnectées du réel vécu.
prématurément, selon l’UNESCO. Il suffit d’observer les foules qui répondent spontanément aux appels politiques pour comprendre à quel point cette jeunesse, frustrée veulent désormais décider eux-mêmes de ce que la démocratie doit leur apporter.
Récemment, plusieurs événements ont marqué l’histoire contemporaine de la région:
s’ancrent dans une frustration socio-économique ancienne.
Le temps des promesses est
Même les ravages d’épidémies comme Ebola ou la COVID-19 n’ont réussi à ébranler la
urnes Constitution» lancé à Cotonou en 2005 n’a pas pu freiner entièrement la vague de coups
et sous-employée, est en quête de sens et de changement.
Rappelons nous l’enthousiasme autour de la chute du régime d’IBK au Mali. Une grande
Guinée d’habitants, dont 60% ont moins de 25 ans. Pourtant, malgré les progrès économiques
conflit sahélo-saharien, le système sénégambien, le bassin du Mano River, et le Golfe de
- L’éruption de manifestations violentes au Togo.
Il était une fois, il n’y a pas si longtemps, les peuples d’Afrique de l’Ouest vivaient
émergente de leaders. Ces mouvements de foule, bien plus que des troubles spontanés, - Les quatre coups d’État successifs au Mali, en Guinée, au Burkina Faso et au Niger;
Analystes, intellectuels, politologues et experts s’accordent à dire que l’Afrique est à la - Une élection présidentielle paisible et transparente au Sénégal en 2024;
résilience apparente de cette communauté. Et si le mot d’ordre «Touche pas à ma
croisée des chemins: elle vit une nouvelle demande politique, portée par une génération
partie de la population, épuisée par la corruption, la mauvaise gouvernance et l’insécurité,
a accueilli cette fin de règne comme une délivrance. Mais, fidèle à la logique des à des dérives pires encore galopante qui s’installe jusque dans les foyers.
renverse, puis se retire, laissant souvent place à un vide, à de nouvelles incertitudes, voire
«la Constitution» et «la rue». Si l’opinion publique ne sait toujours pas laquelle des deux
Constitutionencadre le processus électoral: comment porter au pouvoir un individu ou un
démocratique, alors même que les conditions de vie se détériorent de jour en jour et que le
un système démocratique ?
été, à leur manière, l’expression d’une demande populaire forte.
Hélas, les lendemains se
de construction sont à l’arrêt, les entreprises licencient massivement, le chômage atteint
des niveaux alarmants, et la rareté de la circulation monétaire inquiète tous les secteurs. À
groupe.
La rue,elle, pose la question inverse: comment les en déloger. Ces deux logiques,
ressemblent tragiquement. Car il ne s’agit pas d’un choix éclairé, mais d’un rejet instinctif
Autrefois, les campagnes électorales étaient des moments forts. Les discours passionnés,
fondamentalement opposées, nous obligent à nous interroger : sommes-nous encore dans
Personnellement, je n’ai pas voté ce jour-là. Mais j’ai ressenti que ce n’était pas une
terrorisme continue de gagner du terrain.
pays différents, expriment aujourd’hui des aspirations similaires.
Ainsi, l’élection ordinaire. Pour moi, ce n’était pas l’urne qui avait parlé, mais bien la rue qui avait
cas récents, ces deux événements partagent une caractéristique essentielle: ils ont chacun
d’expression réprimée, et les arrestations arbitraires se multiplient.
Plus inquiétant encore,
Il y a quelques années déjà, j’évoquais dans une conférence la dichotomie frappante entre
match de football ou un combat de lutte.
Au Sénégal, c’est comme si la vie était en pause. Depuis plus d’un an, les grands chantiers
doit primer, une autre question me semble encore plus urgente. En démocratie, la
Ce questionnement est d’autant plus pertinent que les peuples, bien que vivant dans des
Aucune liesse populaire, aucune effervescence dans les rues comme on en voit après un
cela s’ajoutent une recrudescence des arrestations d’opposants politiques et une insécurité
fini par faire partir le régime en place. Comme au Mali, en Guinée, au Burkina et au Niger.
Dans ces pays, les libertés fondamentales sont gravement compromises. Les
À bien y réfléchir, un coup d’État n’est évidemment pas une élection. Pourtant, dans les
de l’ordre établi.
Et la rue, si puissante soit-elle dans la contestation, ne gouverne pas. Elle révolutions, ce ne sont jamais ceux qui se révoltent qui gouvernent ensuite. Les militaires
présidentielle de 2024 au Sénégal, saluée comme la plus paisible de l’histoire récente,
mérite un regard attentif. De longues files d’électeurs, un déroulement calme, une
acceptation quasi unanime des résultats. Et pourtant, quelque chose semblait manquer.
ont pris le pouvoir, et le peuple a applaudi: «Qu’ils s’en aillent, ces politiciens maudits!»
rassemblements publics sont interdits, les partis politiques suspendus, la liberté
les militaires au pouvoir semblent avoir renoncé à toute perspective de transition
les tambours et les tam-tams accompagnaient des projets de société débattus dans la clarté.
Chaque citoyen, dans l’intimité de son bulletin, faisait un choix éclairé. On savait ce que
atteint son apogée. Il nous revient désormais d’inventer la suite, de reconstruire un lien
entre le peuple et les institutions, et surtout, de redonner sens à ce mot si souvent galvaudé:
Dr Gueye Abdou Lat
Chairman, PEACE-CONSULT.



















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