« AUTEUR DE L’ARTICLE : PMF »
Un atelier national consacré à la validation de l’étude sur l’identification, le développement et l’opérationnalisation des indicateurs d’adaptation s’est ouvert ce lundi à Dakar, dans le cadre du projet régional PACO.
Organisée par la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS), en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts (DCCTEFV), cette rencontre de deux jours, prévue les 10 et 11 août, réunit les principales parties prenantes nationales engagées dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des politiques d’adaptation.
L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet régional « Mise en œuvre des priorités régionales et nationales d’adaptation en Afrique centrale et de l’Ouest (PACO) », avec l’appui de la GIZ. Il vise notamment à doter le Sénégal d’un cadre plus cohérent et opérationnel permettant de mesurer les progrès réalisés en matière d’adaptation au changement climatique.
Prenant la parole au nom du secrétaire exécutif de la CCRS, Idrissa Mahamadou Soumana, responsable du portefeuille des programmes, a rappelé l’exposition particulière du Sénégal aux effets du dérèglement climatique.
Situé à la fois dans l’espace sahélien et sur la façade atlantique, le pays est confronté à une combinaison de risques, parmi lesquels la variabilité des précipitations, les sécheresses, la salinisation des terres, l’érosion côtière et l’élévation du niveau de la mer. Ces phénomènes affectent déjà plusieurs secteurs essentiels de l’économie nationale, notamment l’agriculture, la pêche, le tourisme, les infrastructures et l’habitat.
Face à cette situation, le Sénégal s’est engagé dans plusieurs cadres stratégiques, notamment sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), son Plan national d’adaptation (PNA) et différentes stratégies sectorielles destinées à renforcer la résilience du pays.
Mais, selon le représentant de la CCRS, l’efficacité de ces politiques repose également sur la capacité à mesurer les résultats obtenus.
Les indicateurs d’adaptation doivent ainsi permettre de dépasser la simple production de données statistiques pour devenir de véritables outils d’aide à la décision. Ils doivent contribuer à améliorer le pilotage des politiques publiques, à renforcer la coordination entre les institutions, à mesurer les bénéfices des actions menées au profit des populations et à favoriser la mobilisation des financements climatiques.
De son côté, Idy Niang, conseiller technique à la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts, a insisté sur l’importance de disposer d’indicateurs fiables et adaptés aux réalités nationales.
Il a souligné que le changement climatique constitue aujourd’hui « l’un des principaux défis au développement durable » du Sénégal, avec des conséquences croissantes sur les populations, les infrastructures, les écosystèmes et les principaux secteurs économiques.
Dans le cadre du projet PACO, les travaux techniques ont notamment porté sur l’élaboration d’un cadre harmonisé d’indicateurs pour deux secteurs stratégiques : les infrastructures de transport terrestre et le tourisme.
Ces deux secteurs jouent un rôle majeur dans le développement économique et social du pays, tout en étant particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. L’élaboration d’indicateurs robustes doit permettre de mieux suivre les progrès accomplis, d’améliorer le rapportage national et international et d’orienter les investissements vers les actions d’adaptation jugées les plus efficaces.
Pendant les deux jours de travaux, les participants devront examiner les résultats de l’étude, analyser les indicateurs existants, étudier les fiches techniques proposées et formuler des recommandations sur leur intégration dans les dispositifs sectoriels de suivi-évaluation.
Des travaux de groupe sont également prévus afin de permettre aux différents acteurs d’enrichir les propositions techniques et de contribuer à l’élaboration d’une feuille de route pour l’opérationnalisation du futur dispositif national.
Pour les initiateurs, cette approche participative est essentielle. Elle doit permettre de garantir que les indicateurs retenus soient non seulement techniquement pertinents, mais également réalistes, mesurables et effectivement utilisables par les institutions concernées.
Au-delà du suivi des politiques publiques, la mise en place d’un système national harmonisé d’indicateurs répond également à un enjeu financier.
Le renforcement du système national de suivi-évaluation doit ainsi contribuer à améliorer la transparence de l’action climatique du Sénégal, à répondre aux exigences du cadre renforcé de transparence de l’Accord de Paris et à renforcer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires techniques et financiers.
Cette démarche s’inscrit également dans les priorités du Plan d’Investissement Climat pour la Région du Sahel (PIC-RS 2025-2030), qui accorde une place importante au renforcement des capacités nationales en matière de planification, de suivi-évaluation et de mobilisation des financements climatiques.






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