En Afrique, l’électrification progresse, mais elle ne profite pas encore à tous les territoires au même rythme. Les zones rurales restent les plus exposées au déficit d’accès, ce qui souligne l’intérêt des solutions décentralisées.
L’Afrique subsaharienne demeure le principal foyer mondial du déficit d’accès à l’électricité.
Derrière ce constat connu depuis des années, les données les plus récentes montrent que le problème est avant tout rural. Une lecture croisée des rapports « Tracking SDG7: The Energy Progress Report 2026 » et « Financing Electricity Access in Africa », publiés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) respectivement en juin 2026 et en octobre 2025, permet de mesurer l’ampleur de ce retard et d’identifier l’une des réponses les plus adaptées : les solutions décentralisées.
Un déficit concentré dans les zones rurales
Selon le rapport « Tracking SDG7: The Energy Progress Report 2026 », l’Afrique subsaharienne comptait en 2024 563 millions des 655 millions de personnes privées d’accès à l’électricité dans le monde. Parmi elles, 447 millions vivaient en milieu rural, soit près de 80 % du déficit régional.
La tendance met également en évidence un écart croissant avec les autres régions. En Afrique subsaharienne, le déficit d’accès à l’électricité en milieu rural est passé de 376 à 447 millions de personnes entre 2010 et 2024. Sur la même période, l’Asie centrale et l’Asie du Sud ont réduit leur déficit rural de 383 millions à 16 millions de personnes. Le rapport estime que des « interventions ciblées » sont désormais indispensables pour répondre au défi de l’électrification rurale dans la région.

Les solutions décentralisées en première ligne
Face à cette réalité, le rapport « Financing Electricity Access in Africa » met en avant les solutions décentralisées, notamment les mini-réseaux et les systèmes solaires autonomes. Selon l’AIE, ces technologies constituent désormais l’un des moyens les plus rentables d’étendre l’accès à l’électricité, en particulier dans les zones rurales où le raccordement au réseau est souvent trop coûteux ou trop long.
Les financements consacrés à ces solutions en Afrique subsaharienne ont atteint 870 millions USD en 2023, en hausse de 20 % par rapport à 2019. Les systèmes solaires autonomes ont mobilisé 560 millions USD, tandis que les mini-réseaux ont attiré plus de 300 millions USD, contre 140 millions USD en 2019.

Mais au-delà de ces chiffres, l’enjeu demeure avant tout financier. Dans son scénario ACCESS, l’AIE estime que l’Afrique devra mobiliser près de 150 milliards USD d’ici 2035, soit 15 milliards USD par an, pour atteindre l’accès universel à l’électricité. Plus de la moitié de cet effort annuel, soit environ 8 milliards USD, devrait être consacrée aux mini-réseaux et aux systèmes solaires domestiques.
Pour les pays africains, le défi sera désormais autant d’intégrer pleinement ces solutions dans les stratégies nationales d’électrification que de mobiliser les financements nécessaires à leur déploiement à grande échelle.






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