Dans un contexte de rivalité entre corridors logistiques en Afrique orientale et centrale, 3 pays poursuivent un projet ferroviaire stratégique visant à fluidifier les échanges et à renforcer l’accès des économies enclavées aux marchés internationaux. Entre ambitions d’intégration régionale et contraintes de mise en œuvre, l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition des routes commerciales du continent.
La Tanzanie, le Burundi et la République démocratique du Congo ont officiellement approuvé, à Kinshasa, le rapport d’étape de l’étude de faisabilité du tronçon Msongati – Kindu de leur corridor ferroviaire à écartement standard (SGR) commun. Cette validation marque une avancée vers la mise en œuvre de ce projet de chemin de fer électrique moderne, appelé à structurer une chaîne logistique en Afrique de l’Est et centrale.
Le projet prévoit de relier les villes d’Uvinza, Musongati, Gitega, Bujumbura et Uvira à Kindu, facilitant le transport de marchandises et de passagers entre les trois pays. L’infrastructure doit également renforcer la connexion des pays enclavés avec le port de Dar es Salaam, principal hub commercial de la région. Selon les données disponibles, la RDC constitue le premier utilisateur de Dar es Salaam, avec plus de 5,9 millions de tonnes de marchandises traitées sur l’exercice 2024/25. Un positionnement qui conforte son statut de partenaire commercial majeur de la Tanzanie, dans un contexte où la future ligne SGR pourrait stimuler davantage les flux d’échanges.
Cette initiative survient alors que la Tanzanie intensifie ses investissements pour consolider sa position de porte d’entrée maritime d’Afrique de l’Est. En concurrence avec le port kenyan de Mombasa, qui partage un arrière-pays similaire, le pays mise sur des infrastructures intégrées pour capter les flux des États enclavés. Parallèlement au ferroviaire, des projets de développement des corridors routiers et du transport fluvial sont en cours pour améliorer l’interconnexion régionale.
Dans le même temps, d’autres initiatives concurrentes émergent. Le Kenya explore un projet de ligne transnationale visant à desservir ces mêmes marchés, tandis que le corridor de Lobito, destiné à relier la Zambie et la RDC à la façade atlantique, entre dans une phase importante avec la mobilisation des financements. Malgré ces avancées, la concrétisation du projet reste conditionnée à plusieurs défis, notamment la concurrence avec les autres corridors régionaux susmentionnés, qui pourraient influencer le rythme de mise en œuvre, l’attractivité et la rentabilité économiques de l’infrastructure.
A cela s’ajoutent les contraintes liées à la mobilisation des financements, la coordination entre les Etats partenaires et la maîtrise des paramètres techniques du tracé transfrontalier.










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