Dakar accueille, les 1er et 2 avril, l’atelier de lancement du Plan d’action national de décarbonation du secteur maritime, une initiative majeure portée par l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM). À cette occasion, son Directeur général, Bécaye Diop, a prononcé une allocution forte, inscrivant cet événement dans une dynamique de transformation profonde du secteur maritime sénégalais.
Face à l’essor des infrastructures portuaires et au démarrage de l’exploitation du pétrole et du gaz offshore depuis 2024, le Sénégal se trouve à un tournant décisif. Entre opportunités économiques et défis environnementaux, les autorités entendent désormais concilier croissance, souveraineté énergétique et protection des écosystèmes marins.
Dans son discours, le Directeur général de l’ANAM a salué l’appui technique de l’Organisation maritime internationale (OMI), notamment à travers le projet GreenVoyage2050. Il a souligné que la sélection du Sénégal comme seul pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre dans ce programme constitue une reconnaissance internationale de son engagement en faveur d’un transport maritime plus respectueux de l’environnement.
Mais cette reconnaissance s’accompagne d’une responsabilité accrue. L’intensification des activités maritimes — transport, exploitation offshore, développement portuaire — expose davantage le pays aux risques de pollution et aux émissions de gaz à effet de serre. D’où l’urgence d’une réponse structurée et ambitieuse.
Le futur plan d’action national repose ainsi sur plusieurs piliers stratégiques. Il prévoit d’abord un diagnostic approfondi des émissions du secteur maritime, afin d’identifier les principales sources de pollution et les leviers de réduction. Des objectifs clairs seront ensuite définis, en cohérence avec les engagements internationaux du Sénégal.
La gouvernance occupera également une place centrale, avec une coordination renforcée entre les acteurs publics, le secteur privé, les partenaires techniques, les chercheurs et les professionnels de la mer. L’accent sera mis sur l’innovation, à travers la promotion de carburants alternatifs, l’électrification des ports, l’amélioration de l’efficacité énergétique des navires et la digitalisation des opérations maritimes.
La question du financement sera déterminante. La transition vers un secteur maritime décarboné nécessitera des investissements conséquents, appelant à mobiliser des mécanismes innovants, notamment des financements verts. En parallèle, le renforcement des capacités et de la recherche permettra d’accompagner durablement cette mutation.
Enfin, un système de suivi et d’évaluation sera mis en place pour mesurer les progrès réalisés et ajuster les actions en temps réel. Au-delà des aspects techniques, cet atelier marque une volonté politique affirmée : faire de la décarbonation un levier de transformation économique. Pour le Sénégal, il s’agit de bâtir un modèle de développement maritime exemplaire, alliant performance économique, innovation et durabilité.
En clôturant son intervention, Bécaye Diop a lancé un appel à l’engagement collectif, insistant sur la nécessité de prendre pleinement en compte les enjeux de sécurité maritime et de préservation des écosystèmes.
Avec cette initiative, le Sénégal confirme son ambition de s’imposer comme un leader régional de l’économie bleue durable, et de transformer les défis climatiques en opportunités de croissance et de prospérité pour toute l’Afrique.











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