
La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation. Lors d’une conférence de presse tenue ce 25 mars 2026, le secrétaire général du CUSEMS, Ndongo Sarr, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « précédent gravissime » imputable au ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal.
Au cœur du différend, un contentieux opposant deux factions se réclamant du CUSEMS, actuellement pendant devant la justice. Selon Ndongo Sarr, la ligne de conduite adoptée jusqu’ici par les autorités était claire : attendre la décision judiciaire avant toute reconnaissance officielle. Mais cette posture aurait été rompue par le ministre, qui a choisi de ne convier qu’une seule partie aux cadres de concertation avec l’État.
Pour le responsable syndical, ce choix constitue une prise de position lourde de conséquences. « Ce n’est pas une erreur d’appréciation, mais une décision assumée », a-t-il martelé, estimant que cette attitude remet en cause la neutralité de l’État et fragilise les principes fondamentaux de l’État de droit.
Le CUSEMS dénonce ainsi une « ligne rouge franchie », accusant le ministre de s’immiscer dans une affaire judiciaire en cours. Une situation jugée d’autant plus préoccupante qu’elle pourrait, selon le syndicat, créer un précédent dangereux pour l’ensemble des organisations syndicales et politiques du pays.
Ndongo Sarr a également interpellé les plus hautes autorités de l’État, les appelant à faire toute la lumière sur les bases juridiques d’une telle décision. Il s’interroge notamment sur les motivations d’un « revirement brusque » et sur les raisons ayant conduit à ignorer des procédures judiciaires en cours.
Dans un contexte déjà marqué par des tensions dans le secteur éducatif, le syndicat accuse par ailleurs le ministre d’aggraver la situation, évoquant des menaces et des « ponctions abusives de salaires ». Une posture qui, selon lui, compromet les efforts de sortie de crise.
Le CUSEMS appelle ainsi au rétablissement immédiat de la neutralité de l’administration, à la suspension de toute mesure jugée discriminatoire et au respect strict de l’autorité judiciaire. Il prévient également que les décisions issues des concertations engagées dans ces conditions ne sauraient l’engager.
Enfin, le syndicat déplore l’absence de réponses concrètes sur les revendications majeures des enseignants, notamment l’équité salariale, la retraite et la prise en charge médicale. Dans ce contexte, toute évocation d’un protocole d’accord est perçue comme une tentative de « sabordage » de la mobilisation.
Ndongo Sarr a conclu en appelant les enseignants à rester « vigilants, mobilisés et déterminés », soulignant qu’au-delà du CUSEMS, c’est « une certaine idée de la République » qui est aujourd’hui en jeu.











![[ Vidéo] Hommage à Tijane Sylla : quand la pensée managériale africaine revendique sa souveraineté](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260419-193526-360x180.png)















































