À l’ouverture du Salon de l’innovation et du patrimoine organisé dans le cadre du premier Festival ouest-africain des arts et de la culture (ECOFEST), jeudi à Dakar, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, a réaffirmé l’ambition ferme de son département : construire un environnement favorable à la création artistique, à la professionnalisation et à la reconnaissance des talents de la sous-région.
Devant un public composé d’acteurs culturels, d’artistes et d’institutions partenaires, le ministre a insisté sur la nécessité de placer l’artiste au cœur de toute politique culturelle. « Notre ambition doit être claire : créer un environnement propice à la création, à la professionnalisation et à la reconnaissance de nos artistes », a-t-il déclaré, rappelant que la vitalité du secteur dépend de la capacité des créateurs à vivre dignement de leur travail.
Organisée autour du thème « Les mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? », cette manifestation se veut un espace de réflexion et d’innovation, à un moment où la région connaît de profondes recompositions politiques et sociales.
Amadou Bâ a souligné que la construction d’un écosystème culturel solide passe par des politiques publiques ambitieuses, la formalisation du marché de l’art, le renforcement de la formation, la protection de la propriété intellectuelle et un meilleur accompagnement de la mobilité des artistes et de leurs œuvres.
S’il s’est réjoui de voir les grandes maisons de vente aux enchères et les musées internationaux s’intéresser davantage à la création africaine, il a toutefois appelé à la prudence. « Derrière cette effervescence se cachent des défis structurels importants que nous devons collectivement relever », a-t-il averti.
Parmi ces défis, il a cité la prédominance d’un marché informel, l’insuffisance d’infrastructures de diffusion et de conservation, la faiblesse du soutien public et la fragilité du cadre juridique régissant les métiers de la culture. Des obstacles qui, selon lui, empêchent encore trop d’artistes d’accéder à une véritable professionnalisation et de faire respecter leurs droits.
« Les artistes, qui sont la pierre angulaire de cet écosystème, peinent encore trop souvent à vivre de leur métier et à avoir leurs droits protégés », a déploré le ministre, appelant à une mobilisation collective pour bâtir un secteur culturel à la fois fort, durable et inclusif.
ECOFEST, qui se tient du 30 novembre au 6 décembre à Dakar, offre justement une plateforme pour porter ces débats, valoriser la création ouest-africaine et imaginer des réponses culturelles aux défis contemporains de la région.



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