La saison des prix Nobel s’est ouverte avec la médecine. Elle se poursuivra cette semaine avec la physique, la chimie, la littérature… avant le moment le plus scruté de tous : l’annonce du prix Nobel de la paix, ce vendredi, à Oslo. Et comme souvent, une question revient : Donald Trump peut-il vraiment l’obtenir ?
Contrairement aux autres Nobel, décernés en Suède, celui de la paix est attribué en Norvège. C’est à Oslo qu’un comité de cinq membres, désignés par le Parlement norvégien, se réunit chaque année pour examiner les candidatures. Leur mission : identifier celles et ceux qui ont le plus contribué, selon l’esprit d’Alfred Nobel, « à la fraternité entre les nations, à la suppression ou la réduction des armées permanentes, et à la promotion des congrès de la paix« .
Des candidatures nombreuses, mais secrètes
Tout le monde ne peut pas postuler. On ne se nomme pas soi-même : il faut être proposé par une personnalité habilitée, comme un parlementaire, un professeur d’université ou un ancien lauréat. Cela représente malgré tout plusieurs milliers de personnes dans le monde, qui soumettent chaque année plus de 300 candidatures. Mais la grande particularité du Nobel de la paix, c’est le secret. La liste des candidats reste confidentielle pendant cinquante ans. Impossible donc de savoir officiellement qui est en lice, même si certains noms — comme celui de Donald Trump — circulent souvent dans les médias.
Une sélection longue et politique
Le comité norvégien étudie les dossiers pendant plusieurs mois. Au printemps, il réduit la liste, avant de débattre et voter à l’automne. La décision se prend à la majorité simple, dans une atmosphère à la fois feutrée et éminemment politique. Le verdict est annoncé début octobre, et donne lieu à des débats passionnés — tant les choix peuvent être inattendus ou controversés.
François Gemenne, politologue à HEC Paris et chercheur au FNRS à l’Université de Liège, rappelle que « les critères ne sont pas toujours très clairs, ce qui fait qu’il y a eu parfois certains prix Nobel un peu surprenants dans le passé. Barack Obama, par exemple, l’a reçu au tout début de son mandat, alors qu’il n’avait encore rien accompli. »

En 2009, Barack Obama a reçu le prix Nobel de la paix. © Olivier MORIN / AFP
Trump, un Nobel de la paix ?
L’ancien président américain rêve du Nobel de la paix depuis des années. Il a déjà été proposé plusieurs fois, notamment pour son rôle dans les accords de normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes en 2020. Cette année encore, il s’est publiquement érigé en défenseur de sa propre candidature, soulignant ses efforts récents pour un plan de paix à Gaza.
Mais son profil reste hautement controversé. François Gemenne estime que « c’est improbable et en même temps pas impossible. Improbable, car on observe depuis des mois un glissement des États-Unis vers un régime autoritaire, et ses actions intérieures sont en décalage total avec les valeurs d’humanité prônées par le comité Nobel.«
Selon lui, la temporalité n’est pas anodine : « Donald Trump sait très bien que le Nobel sera désigné vendredi. Laisser quelques jours au Hamas pour approuver son plan de paix, c’est une manière de se positionner dans le calendrier. Son action politique est parfaitement synchronisée avec une récompense qu’il rêve d’obtenir.«
Un casse-tête pour le comité
L’hypothèse d’un Nobel attribué à Trump soulèverait néanmoins un casse-tête diplomatique. Le comité privilégie souvent des lauréats collectifs – ONG, militants, associations – incarnant un élan humanitaire global. « Si le plan de paix à Gaza devait aboutir, il faudrait sans doute récompenser l’ensemble des négociateurs », poursuit François Gemenne. « Mais cela poserait un problème majeur : il faudrait aussi reconnaître, d’une certaine manière, le rôle du Hamas, considéré comme organisation terroriste. C’est impensable pour le comité.«
Le Nobel de la paix se veut avant tout un symbole. Son but est de mettre en lumière des initiatives qui, parfois modestement, incarnent une dynamique constructive.
Un rêve américain… peu probable
Le Nobel de la paix n’est donc pas qu’une récompense : c’est un message. Chaque lauréat est choisi pour ce qu’il représente autant que pour ce qu’il a accompli. Et à ce jeu-là, pour certains, Donald Trump reste un candidat peu crédible. Sa personnalité clivante, ses attaques contre les institutions démocratiques et sa politique étrangère imprévisible pèsent lourd dans la balance.
« Ce n’est pas impossible, mais très improbable« , conclut François Gemenne. « S’il venait à jouer un rôle décisif dans la fin du conflit à Gaza, il serait difficile d’ignorer son action. Mais cela ne suffirait pas à effacer le reste.«
Le verdict tombera vendredi à 11 heures, à Oslo. En attendant, la planète politique retient son souffle. Comme chaque année, le prix Nobel de la paix promet son lot de surprises — mais aussi, de débats passionnés sur ce que signifie vraiment “œuvrer pour la paix”.

Donald Trump espère que son plan de paix à Gaza soit accepté et mis en application pour un jour obtenir, il l’espère, le prix Nobel de la paix. ©





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