Une contre-expertise médicale indépendante révèle que la détention du député-maire des Agnam représente un risque vital imminent. Ses avocats envisagent une demande urgente de liberté provisoire.
Le dossier judiciaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba, prend un tournant décisif. Incarcéré depuis le 27 février dernier dans le cadre d’une enquête du Pôle judiciaire et financier, le député-maire des Agnam pourrait prochainement retrouver la liberté… pour raisons médicales. Une contre-expertise médico-légale, confiée à trois éminents spécialistes sénégalais, alerte sur un état de santé jugé « incompatible avec le maintien en détention ».
Commanditée par le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’évaluation médicale a été menée le 31 juillet dernier au cabinet « Sakina / Sos Cardio ». Les conclusions sont sans appel : Farba Ngom souffre d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère, non diagnostiqué jusque-là, associé à une cardiopathie débutante, un diabète ancien, de l’obésité et d’autres comorbidités graves.
« Le risque de mort subite nocturne est réel si une prise en charge médicale urgente n’est pas mise en place », avertit le rapport co-signé par le Dr Ousmane Dièye, le Pr Papa Saliou Mbaye et le Pr Serigne Magueye Gueye.
Un tableau clinique alarmant
Le rapport dresse un tableau clinique particulièrement préoccupant : palpitations, malaises fréquents, dyspnée d’effort, fatigue chronique et somnolence diurne. Une échographie cardiaque a révélé une dilatation modérée de l’oreillette gauche et de l’aorte thoracique, accentuant la gravité de la situation. Quant à la polygraphie ventilatoire, elle a confirmé le diagnostic d’apnée du sommeil sévère nécessitant une assistance respiratoire continue – une thérapie incompatible avec les conditions actuelles de détention.
Des signes de BPCO débutante
Autre élément inquiétant : une spirométrie effectuée le 2 août suggère un trouble ventilatoire obstructif léger, qui pourrait indiquer une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante. Ce trouble respiratoire, aggravé par des antécédents tabagiques et un surpoids important, pourrait évoluer défavorablement en milieu carcéral.
Si les analyses biologiques ne révèlent pas de dérèglements majeurs, l’effet cumulatif de toutes ces pathologies expose l’élu à des complications aiguës et potentiellement fatales.
Un dilemme judiciaire et humanitaire
Ces conclusions bouleversent la donne pour la défense de Farba Ngom. Selon nos sources, ses avocats préparent une demande urgente de liberté provisoire, invoquant l’article 131 du Code de procédure pénale, qui permet une suspension de peine ou une liberté provisoire pour raison de santé.
Au-delà des considérations juridiques, c’est une question éthique et humanitaire qui se pose désormais : peut-on maintenir en détention un homme dont la santé est jugée si fragile qu’elle pourrait le conduire à une issue fatale soudaine ?
Vers une décision rapide ?
Le Pôle judiciaire et financier pourrait être contraint de se prononcer rapidement face à la gravité du rapport médical. L’affaire Farba Ngom n’est plus seulement judiciaire ; elle devient un test pour l’humanisme de la justice sénégalaise, appelée à arbitrer entre les exigences de l’enquête et le droit fondamental à la vie et à la santé.





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