C’est un communiqué sans numéro, daté du 4 août 2025, émanant du Collectif des Chefs d’Établissements Privés de Formation en Santé (COSEPS), qui a suscité une vive réaction au sein de la communauté éducative et sanitaire. Cette sortie publique, censée éclairer l’opinion, laisse place à de nombreuses interrogations, tant sur la forme que sur le fond.
Un « séisme silencieux » qui fait du bruit
Dans ce document, les signataires évoquent un supposé « séisme silencieux » survenu lors des sessions de certification 2024 des filières IFE (Infirmiers d’État), SFE (Sages-Femmes d’État) et AI (Assistants Infirmiers). L’expression, floue et dramatique, semble cacher une réalité bien plus préoccupante : des dysfonctionnements graves imputables, en grande partie, aux responsables eux-mêmes.
Un communiqué en contradiction avec les faits
Le plus surprenant, c’est que les auteurs de cette dénonciation sont les mêmes qui ont activement participé à ces processus de certification. Comment expliquer que le président du COSEPS, siégeant dans les trois jurys de délibération – qui, faut-il le rappeler, ne sont pas bénévoles – puisse aujourd’hui se désolidariser de décisions qu’il a validées ? Peut-on véritablement dénoncer ce que l’on a soi-même organisé ?
Des manquements graves dans l’organisation pédagogique
Les révisions générales organisées dans les centres de Thiès, Mbour, Saint-Louis et Dakar ont été marquées par une mauvaise planification. Une organisation interne jugée complaisante, voire clanique, a écarté des enseignants compétents au profit de proches, réduisant ainsi l’efficacité des remises à niveau.
Les résultats de ces examens en ont pâti, et le constat est accablant : faible taux de réussite, étudiants mal préparés, et confusion dans les jurys. Le choix d’envoyer un représentant n’ayant même pas le BFEM dans un jury de certification pose la question du sérieux de certaines décisions prises au sein du COSEPS.
Des voix s’élèvent pour exiger un audit
Des organisations professionnelles telles que l’ANAIDES (Association Nationale des Assistants Infirmiers Diplômés d’État du Sénégal), l’UNEPS (Union Nationale des Écoles Privées de Santé), mais aussi des formateurs, parents d’élèves et leaders d’opinion ont saisi l’État du Sénégal pour réclamer un audit approfondi du processus de certification 2024.
Certains exigent même la suspension des épreuves pratiques, le temps de clarifier les responsabilités et d’identifier les failles structurelles. Le silence ou la confusion autour de ces demandes donne à penser que le COSEPS, pris dans ses contradictions, est dépassé par l’ampleur des critiques.
Un appel à la responsabilité
Le COSEPS regroupe pourtant des enseignants chevronnés, des directeurs engagés et des personnalités reconnues dans le secteur de la santé. C’est pourquoi la communauté attendait de ses responsables une prise de position claire, constructive et conforme aux textes régissant leur propre fonctionnement.
Plutôt que de communiquer dans l’improvisation et l’émotion, le COSEPS gagnerait à faire preuve de transparence, de rigueur et de responsabilité. Dans un secteur aussi stratégique que la santé, toute légèreté dans la formation des professionnels met en péril la vie des citoyens.












![[ Vidéo] Hommage à Tijane Sylla : quand la pensée managériale africaine revendique sa souveraineté](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260419-193526-360x180.png)














































