
Le Sénégal ne veut plus se contenter d’extraire. Réuni à Saly ce jeudi, le ministre des Mines Cheikhou Oumar Seck a dévoilé le futur Code minier. Une réforme de rupture pensée depuis deux ans pour valoriser les ressources sur place, faire émerger des champions nationaux et reprendre le contrôle sur les minéraux critiques.
SALY – C’est un changement de paradigme que le gouvernement veut opérer dans le secteur minier. Le Sénégal travaille à une réforme profonde de son Code minier pour renforcer la valorisation de ses ressources et asseoir sa souveraineté.
L’annonce a été faite jeudi à Saly (Mbour) par le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, lors d’un atelier de partage du projet de loi.
« Cette rencontre s’inscrit dans une initiative visant à faire connaître le projet de Code minier », a-t-il indiqué. Une réforme élaborée depuis près de deux ans avec l’ensemble des parties prenantes.
L’objectif de l’atelier : divulguer les axes majeurs de la réforme et recueillir les dernières observations avant la présentation du texte devant l’Assemblée nationale.
De 1988 à 2026 : la fin d’un modèle
Pour Cheikhou Oumar Seck, il fallait faire évoluer la législation. Si les Codes de 1988 et 2003 ont permis d’attirer les investisseurs et celui de 2016 a renforcé la part de l’État avec des fonds dédiés, beaucoup de dispositifs sont restés lettre morte.
« Malheureusement, au moment où nous parlons, il y a beaucoup de ces dispositifs qui n’ont pas été appliqués », a-t-il regretté.
Le constat est clair : le Sénégal est resté bloqué dans une industrie d’extraction et d’exportation brute. Le nouveau Code veut inverser la tendance.
« Ce que nous voulons, c’est valoriser davantage nos ressources minières. Nous voulons qu’il y ait une meilleure transformation de nos ressources », a martelé le ministre.
Privé national et minéraux critiques au cœur de la réforme
Le futur Code s’articule autour de deux piliers : permettre une implication massive du privé national dans toute la chaîne de valeur minière et permettre au Sénégal de tirer profit de la ruée mondiale vers les minéraux critiques, indispensables à la transition écologique.
Mais le ministre a pointé deux freins majeurs à lever :
1. Le financement : Le tissu bancaire national et régional n’est pas encore adapté aux besoins colossaux de l’industrie minière. Il a lancé un appel direct aux banques et à la BRVM à s’impliquer.
2. L’énergie : « Le maillon faible » de la compétitivité. Transformer localement coûte trop cher en énergie. Le gouvernement mise désormais sur le programme « gas-to-industry » pour offrir aux industriels une énergie à prix compétitif et rendre enfin possible la transformation locale de l’or, du zircon et des autres ressources du pays.

























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