Fortunes diverses pour les sélectionneurs ayant conduit des équipes africaines sur la scène mondiale. Quelques semaines après la fin de leurs aventures diverses, le verdict est déjà tombé pour plusieurs d’entre eux. Entre décisions radicales des fédérations, départs volontaires et situations encore incertaines, les bancs africains connaissent une véritable période de turbulences.
Pape THIAW (Sénégal) : la fin d’un cycle après la désillusion
Le Sénégal a été l’un des grands symboles de cette vague de changements. Malgré une qualification pour la phase à élimination directe, les Lions ont été éliminés après une défaite spectaculaire face à la Belgique (3-2), alors qu’ils menaient encore de deux buts dans les dernières minutes.
La Fédération sénégalaise de football a décidé de mettre fin aux fonctions de Pape Thiaw et de l’ensemble de son staff technique. Une décision motivée par la volonté d’ouvrir une nouvelle page après une Coupe du monde jugée insuffisante au regard des ambitions nationales.
Carlos QUIEROZ (Ghana) : une démission après l’élimination
Au Ghana, l’expérimenté technicien portugais Carlos Queiroz n’a pas attendu une décision de sa fédération. Après l’élimination des Black Stars, il a choisi de quitter son poste de sélectionneur, mettant fin à une mission qui devait permettre au Ghana de retrouver une place parmi les grandes nations africaines.
Sabri LAMOUCHI (Tunisie) : le premier fusible à sauter
La Tunisie avait misé sur l’expérience de Sabri Lamouchi pour tenter de franchir un nouveau cap. Arrivé sur le banc des Aigles de Carthage quelques mois avant la Coupe du monde 2026, l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire avait hérité d’une équipe qualifiée avec ambition et portée par l’objectif d’un parcours historique.
Mais l’aventure mondiale aura tourné court pour le technicien franco-tunisien. Après un début de tournoi très compliqué, marqué par une lourde défaite face à la Suède (5-1), la Fédération tunisienne de football a décidé de mettre fin à sa mission. Lamouchi est ainsi devenu l’un des premiers entraîneurs africains à quitter son poste pendant la compétition.
Vladimir PETKOVIC (Algérie) : le doute après une campagne décevante
L’Algérie espérait profiter du Mondial pour confirmer son retour au premier plan. Mais les attentes placées autour des Fennecs n’ont pas totalement été satisfaites. Vladimir Petkovic s’est retrouvé au centre des critiques, avec des interrogations sur la suite de son mandat.
Mohamed OUAHBI (Maroc) : un pari réussi mais un avenir à confirmer
Le Maroc a abordé la Coupe du monde 2026 avec un nouveau visage sur son banc. Après le départ de Walid Regragui, artisan de l’épopée historique des Lions de l’Atlas au Mondial 2022 au Qatar, la Fédération royale marocaine de football a confié les commandes à Mohamed Ouahbi.
Ancien entraîneur de la sélection U20 marocaine, sacrée championne du monde de la catégorie en 2025, Ouahbi a hérité d’une équipe déjà installée parmi les grandes nations du football mondial. Sa mission était claire : maintenir le niveau d’exigence d’une sélection qui avait écrit l’histoire en devenant la première équipe africaine à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde.
Hossam HASSAN: ( Egypte) un sélectionneur sous pression après le Mondial
Nommé à la tête des Pharaons en 2024, Hossam HASSAN, avait hérité d’une mission claire : ramener l’Égypte au sommet du football africain et réussir une campagne mondiale à la hauteur du statut de la sélection la plus titrée du continent en Coupe d’Afrique des nations.
Mais la Coupe du monde 2026 a laissé un goût d’inachevé. Malgré une équipe portée par des cadres comme Mohamed SALAH, les résultats n’ont pas totalement répondu aux attentes. Les critiques ont rapidement visé les choix tactiques, la gestion du groupe et le manque d’efficacité offensive.
La Fédération égyptienne se retrouve désormais face à un dilemme : maintenir sa confiance à une légende du football national ou ouvrir un nouveau chapitre pour préparer les prochaines échéances. Hossam HASSAN n’est pas officiellement écarté, mais son avenir apparaît fragilisé.
Emerse FAE (Côte d’Ivoire) : le champion d’Afrique qui garde la confiance
Contrairement à plusieurs de ses homologues africains, Emerse Faé n’a pas abordé le Mondial 2026 avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le sélectionneur ivoirien a bénéficié d’un crédit important après avoir offert aux Éléphants une troisième Coupe d’Afrique des nations en 2024, dans un scénario exceptionnel.
Nommé dans un premier temps entraîneur intérimaire après le départ de Jean-Louis Gasset pendant la CAN 2023, Faé a rapidement convaincu les dirigeants ivoiriens. Son équipe, menée par une génération ambitieuse, a ensuite validé sa qualification pour la Coupe du monde 2026 en terminant en tête de son groupe éliminatoire, avec une campagne solide.
Après la compétition, son avenir ne semble pas menacé. La Fédération ivoirienne devrait continuer à lui faire confiance pour poursuivre un projet basé sur la stabilité et la progression.
BUBISTA (Cap-Vert) : l’homme qui a écrit l’histoire des Requins Bleus
Il était arrivé au Mondial 2026 avec une mission déjà historique : conduire le Cap-Vert à sa toute première participation à une Coupe du monde. Pedro Leitão Brito, plus connu sous le nom de Bubista, a réussi ce pari avec une génération qui a changé le regard porté sur le football cap-verdien. Ancien capitaine de la sélection nationale pendant onze ans, Bubista connaît parfaitement l’identité des Requins Bleus. Depuis sa nomination sur le banc, il a construit une équipe disciplinée, ambitieuse et capable de rivaliser avec des adversaires mieux classés sur le papier.
Au-delà des résultats, c’est la progression collective qui a marqué les esprits. Le Cap-Vert n’est plus seulement une équipe surprise du continent africain, mais une sélection qui revendique désormais sa place parmi les nations capables de créer des exploits sur la scène internationale.
Après le Mondial, Bubista apparaît comme l’un des grands gagnants africains du tournoi. Sa fédération devrait naturellement lui renouveler sa confiance afin de poursuivre un projet basé sur la stabilité et la valorisation d’un groupe qui a déjà écrit une page majeure de l’histoire du pays.

























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