À quelques semaines de la Tabaski, l’ambiance s’intensifie de plus en plus dans les marchés. Entre les étals colorés du marché Tilène de la Médina, à Dakar, et le bourdonnement incessant des machines à coudre à la Gueule-Tapée, les acteurs de la mode sont déjà engagés à satisfaire une clientèle qui juge la couture plus chère que le tissu.
Au marché Tilène de la Médina, à Dakar, la fête de Tabaski se prépare. Les étals de tissus attirent déjà l’attention. En cette fin d’après-midi du jeudi 7 mai 2026, Bazin riche, Getzner, voile brodée, dentelle, etc., sont tous soigneusement exposés. Les vendeurs enchaînent les négociations avec les clients venus préparer la fête. Assis derrière une pile de tissus, Moussa Ndiaye, vendeur au marché de Tilène depuis plusieurs années, observe une forte affluence à l’approche de cette fête. « Les clients sont très nombreux, ils viennent tous parce que pour eux la Tabaski est très importante », affirme-t-il d’une voix couverte par le brouhaha du marché.
Pour les vendeurs, cette période représente l’un des moments les plus importants de l’année. Khady Mbaye, assise sur son tabouret, range précieusement des tissus. Installée dans ce marché depuis 15 ans, la vendeuse explique que la Tabaski est une très bonne opportunité. « Lors de la Korité, nous n’avons pratiquement rien vendu. Avec la Tabaski, les clients viennent nombreux », témoigne-t-elle.
Bassirou Gackou, vendeur de Bazin, marchande les prix avec les clients. Il trouve que les prix des tissus ont considérablement baissé cette année. « Le mètre de tissu coûtait 3500 FCfa les années passées et maintenant, il est à 3000 FCfa ; certains vendent même à 2500 FCfa », confie-t-il avec le sourire.
Dans les allées du marché, les clients prennent le temps d’analyser chaque tissu, de comparer les couleurs et négocient même les prix. Diary Dieng tient un sachet de tissus à la main, signe qu’elle vient de finir ses achats. Elle explique qu’elle trouve les prix très abordables cette année. « Les tissus ne sont pas chers cette année. Cela m’a d’ailleurs très surprise », se réjouit la dame. Accompagnée de ses deux filles qui se chamaillent, Aminata Diop essaie de les calmer. Elle dit avoir commencé les achats plus tôt cette année. « Chaque année, si l’on attend les derniers jours, les prix augmentent et il devient difficile de trouver un tailleur disponible. Je préfère m’y prendre à l’avance », confie-t-elle.
Cependant, si cette année les prix des tissus ne constituent pas une équation pour les acheteurs, la couture l’est. Beaucoup de personnes interrogées jugent que les tailleurs réclament trop. Marième Ndiaye, lunettes de soleil sur la tête, son sac à la main accompagnée d’un sachet de tissu dit ne pas comprendre cette cherté.
Un peu plus loin, près de Soumbédioune, au marché Gueule-Tapée, les ateliers de couture sont, eux aussi, plongés dans une ambiance intense et stressante. Le bruit continu des machines à coudre s’entend à des mètres. Des morceaux de tissus jalonnent les allées. D’autres, découpés, sont posés sur les machines, prêts à être cousus. La tête plongée sur sa machine, Omar Diallo, tailleur depuis 14 ans, explique cette cherté par la hausse du coût des accessoires et autres garnitures. Le tailleur évoque également les autres charges liées à la location et à l’électricité.
Toutefois, il juge les prix abordables du fait que la tendance de cette année ne nécessite pas beaucoup de frais. « La tendance est le « patching » du bazin et de la dentelle », renseigne-t-il, confiant avoir reçu beaucoup de commandes. Son collègue, Mbaye Cissé, le conforte. Tailleur depuis près de 26 ans, il coupe soigneusement un tissu en bazin. Il déclare même avoir arrêté de prendre des commandes au risque de ne pas finir à temps. Cependant, pour Khaly Diakhaté, il est difficile de « barrer » (Ndlr : ne plus prendre de commande) du fait que certains clients attendent toujours la dernière minute compte tenu de la conjoncture.
C’est le cas de Fama Diop, venue apporter son tissu. Elle explique son modèle à son tailleur avec complicité, signe de plusieurs années de collaboration. Son seul souci, c’est la cherté du coût de la couture, mais elle reste persuadée de recevoir ses habits à temps, malgré son retard. « Je sais qu’il va bien faire ma robe, car il confectionne mes habits depuis des années », dit-elle confiante, un sourire en coin. D’ailleurs, c’est à cause des retardataires comme Fama Diop que Mor Kébé et Diakhaté passent la nuit à l’atelier depuis plusieurs jours. « Nousrestons ici jusqu’à 4 heures du matin », renseignent-ils. Pour eux, c’est la meilleure façon d’honorer leurs engagements afin d’éviter toute brouille avec la clientèle.

















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