
Usant quotidiennement d’intrants et de matériels de plus en plus coûteux, les boulangers sénégalais disent être « roulés dans la farine » et proches d’une asphyxie généralisée. La faute, selon eux, revient à l’État qui n’a pas respecté ses engagements depuis le retour du prix de la baguette de 175 F à 150 F CFA.
Amadou Gaye, président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal, Joseph Diab, vice-président, Ndene Ndiaye, secrétaire général, ainsi que Souleymane, ont, à travers plusieurs communications, dressé un tableau sombre du secteur. Un secteur en péril qui emploie plus de 40 000 personnes, génère plus de 600 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires, mais enregistre aujourd’hui des pertes estimées à près de 100 milliards de francs CFA, a précisé Joseph Diab.
Bada Gassama, président d’une autre organisation de boulangers, a fait le même constat, preuve que les difficultés sont partagées par l’ensemble des acteurs du secteur.
Amadou Gaye en appelle ainsi au sens des responsabilités de l’État. Les deux organisations faîtières réclament un dialogue sincère, d’autant plus que plusieurs correspondances adressées à la Présidence sont restées sans suite. Seule la Primature, selon eux, a donné signe de vie.
Pour sortir de cette crise, Amadou Gaye demande la tenue d’un conseil interministériel consacré à la boulangerie, avec la participation des ministères de la Formation professionnelle, de l’Intérieur, de la Santé, de l’Environnement, des Finances, du Commerce et de l’Énergie.
Depuis deux ans, les boulangers alertent les autorités afin de trouver des solutions durables. Le pain, produit social par excellence, est vendu à 150 F CFA depuis 2024, un prix jugé non compétitif face à l’explosion des coûts du gasoil industriel, de la levure et des améliorants.
Le président des boulangers dénonce également des inspections effectuées de manière aléatoire, entraînant des sanctions liées au poids du pain. « Le pain est une matière vivante susceptible de perdre du poids lors de la livraison », a-t-il expliqué, avant d’alerter : « Plus de 2 500 boulangeries sont aujourd’hui menacées de fermeture. »
À l’heure où le Sénégal parle de souveraineté alimentaire, les boulangers réclament une véritable tarification sociale. Amadou Gaye a également demandé l’application du décret 2277 relatif aux normes d’hygiène, d’emplacement et de distance entre boulangeries. Selon lui, l’administration délivre des autorisations sans assurer le suivi nécessaire.
La tarification sociale souhaitée devrait aussi prendre en compte les coûts élevés de l’électricité ainsi que l’installation de kits solaires afin de réduire les charges d’exploitation.
Toutes ces propositions ont été soumises aux autorités. Faute de réponses concrètes, un plan d’action national sera déroulé à Dakar comme dans toutes les régions du pays. Sans vouloir aller à la confrontation, les boulangers n’excluent pas le recours à des grèves, a conclu Amadou Gaye.
Ibrahima Diop















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