
Une mobilisation significative de la société civile et de figures politiques s’est tenue samedi à Dakar, marquant une nouvelle étape dans la quête de vérité autour des violences politiques survenues entre 2021 et 2024. Selon les organisateurs, ces événements ont causé la mort de 68 personnes, sans compter plus de 1 000 détenus liés à ces troubles. La marche, qui s’est déroulée dans le calme sur l’avenue Bourguiba sous la supervision des forces de l’ordre, a été l’occasion pour les manifestants de réaffirmer leur exigence d’enquêtes judiciaires indépendantes, transparentes et crédibles. Tous ont insisté sur un impératif : faire toute la lumière sur ces violences et établir clairement les responsabilités.
Prenant la parole, la députée Maïmouna Bousso a dénoncé toute tentative de blocage judiciaire, affirmant que la loi d’amnistie ne saurait faire obstacle à la justice. Elle a rappelé que les crimes de sang et les actes de torture ne peuvent être couverts par une telle disposition, réaffirmant ainsi le principe d’imprescriptibilité de certaines violations graves des droits humains.
Au nom du collectif des familles des victimes, Djibril Diaw a livré un témoignage poignant, soulignant que derrière les chiffres se trouvent des vies brisées et des familles durablement affectées. Il a fermement rejeté toute tentative d’oubli ou de récupération politique, appelant à une reconnaissance pleine et entière des faits.
Le collectif a également lancé un avertissement à la communauté internationale, estimant qu’aucune personnalité soupçonnée d’implication dans ces événements ne devrait accéder à de hautes fonctions sans que la vérité ne soit établie.
De son côté, Amnesty International Sénégal, par la voix de son directeur exécutif Seydi Gassama, a dénoncé un blocage prolongé du système judiciaire. Il a souligné qu’aucun obstacle juridique ne s’oppose désormais à l’ouverture de procédures, tout en regrettant l’absence d’avancées concrètes malgré l’existence de nombreux cas documentés. « Il est inacceptable que des violations aussi graves restent impunies », a-t-il déclaré, appelant les autorités à poser des actes forts pour rendre justice aux victimes.
Pape Abdoulaye Touré, membre de l’initiative Zéro Impunité (IZI), a pour sa part rappelé que les crimes de torture, les traitements inhumains et les crimes de sang échappent au champ d’application de toute amnistie, en vertu des engagements internationaux du Sénégal.
Face à ce qu’ils considèrent comme une inertie judiciaire préoccupante, les manifestants ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la mobilisation. Pour eux, seule une justice effective permettra d’éviter la répétition de telles violences et de restaurer la confiance dans les institutions.
Cette marche, au-delà de son caractère symbolique, remet au cœur du débat national la question de l’impunité et interpelle directement les autorités sur leur responsabilité à garantir vérité, justice et réparation.



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