L’équation est simple. D’un côté, la menace russe est à nos portes. Elle pourrait se concrétiser très rapidement, si l’on en croit le patron du renseignement allemand. Les incursions de drones russes dans le ciel européen n’en sont qu’un avant-goût, une piqûre de rappel. D’un autre côté, les États-Unis de Trump ne sont plus disposés à garantir éternellement la sécurité des Européens. L’Europe doit donc prendre sa défense en main. La montée en puissance a déjà commencé. Mais cela sera-t-il suffisant ? L’Europe pourrait-elle se défendre seule ?
« La Russie nous teste et cela va continuer » estime Mette Frederiksen, la première ministre danoise, dont le pays a récemment subi des incursions de drones, tout comme d’autres pays européens, comme la Belgique. « Nous traversons la situation la plus dangereuse depuis la fin de la seconde guerre mondiale », déclarait-elle encore lors du sommet européen « informel« consacré à la défense organisé à Copenhague, le 1er octobre dernier.
Ce sommet l’a encore prouvé, les Européens peinent encore (et toujours) à se coordonner en matière de sécurité, et encore plus à organiser leur indépendance en la matière.
Cela dit, suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et sous la pression des alliés de l’OTAN, ils ont déjà considérablement augmenté leurs dépenses militaires. Selon l’Agence européenne de défense (AED), en 2024, elles ont augmenté de près de 20% par rapport à 2023, pour atteindre 1,9% du PIB. Ce qui équivaut à un total de 318,2 milliards d’euros, selon les chiffres du SIPRI, Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (que nous choisissons de reprendre, pour pouvoir les comparer à l’internationale). Un record.
Tous les pays de l’Union européenne ont augmenté leurs dépenses cette année-là, sauf l’Irlande, la Croatie, et Malte.
La Pologne a acheté des hélicoptères d’attaque à hauteur de 9 milliards d’euros, l’Italie des avions de chasse pour 7,5 milliards, l’Allemagne des sous-marins pour 5 milliards. Le chariot européen est bien rempli.
En 2024, pour la première fois depuis sa réunification, l’Allemagne est devenue l’État au plus gros budget militaire (76,5 milliards d’euros) en Europe, et le quatrième au niveau mondial, derrière les États-Unis, la Chine et la Russie, juste devant l’Inde, relève l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). Sur le flanc Est, proche, trop proche de la Russie, les dépenses en matière de défense de la Pologne ont atteint 4,2% de son PIB.Le nouvel objectif de l’OTAN : 5% du PIB en 2035 (CLIQUEZ POUR DÉROULER)
Lors du sommet de l’OTAN à La Haye en juin 2025, les alliés ont convenu de consacrer 5% de leur richesse nationale (PIB) par an d’ici 2035, dont 3,5% pour des dépenses militaires proprement dites, et 1,5% pour des dépenses connexes : infrastructures, cybersécurité, préparation de la population civile, etc.
Une bonne nouvelle pour le renforcement de la défense des pays européens membres de l’OTAN? “Je dirais oui parce qu’il nous faut renforcer nos défenses, mais je serais nuancé”, répond Sven Biscop, professeur à l’université de Gand et directeur à l’Institut royal des relations internationales (Institut Egmont). »3,5%, ce sont les vrais besoins militaires, basés sur le calcul de l’Etat-major de l’OTAN. Après, Trump a ajouté les 1,5%, qui ne sont basés sur strictement rien. Ça a été une erreur d’accepter ça. Et je pense que, de toutes façons, beaucoup de pays ne vont pas réaliser cet objectif de 5%.«
Aujourd’hui, seules la Pologne et l’Estonie dépensent plus de 3,5% de leur PIB en défense. La Lettonie, la Lituanie (tiens tiens encore des pays du front de l’Est), et les États-Unis s’en approchent.
Les budgets de défense des États membres de l’UE sont déjà considérables. Cumulés (318,2 milliards d’euros), ils sont plus de deux fois supérieurs à celui de la Russie (128,8 milliards d’euros), et dépassent aussi celui de la Chine (271,4 milliards d’euros). « Si l’on regarde uniquement en termes de moyens consacrés, l’armée européenne est la deuxième armée du monde, sauf qu’en réalité, elle n’existe pas. C’est un peu comme si les États-Unis d’Amérique avaient 50 armées différentes parce qu’ils ont 50 États », analyse Guillaume Ancel, ancien officier français, auteur de Petites leçons sur la guerre (Ed. Autrement, 2025).











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