C’est une nouvelle ère qui s’annonce pour les petites et moyennes entreprises (PME) du Sénégal. L’Agence de développement et d’encadrement des PME (Adepme) a présenté, hier à Dakar, son plan stratégique 2025–2029, doté d’un budget de 52 milliards de FCFA. L’objectif est clair : faire des PME un moteur central de la croissance économique nationale.
Une ambition : 500.000 emplois formels d’ici 2029
Portée par la Vision Sénégal 2050, cette feuille de route vise à multiplier les effets structurants des PME sur l’économie. Le plan prévoit notamment de faire passer le nombre d’emplois formels de 160.000 à 500.000 en quatre ans, d’accroître la part des PME dans le PIB de 25 % à 30–40 %, et de porter la part d’entreprises exportatrices de 3 % à 15 %.
Un pari audacieux, mais que l’Adepme entend réussir en misant sur une approche multisectorielle, inclusive et territorialisée.
Trois axes stratégiques pour une transformation en profondeur
Le plan repose sur trois piliers complémentaires :
- Gouvernance modernisée et proximité territoriale (4 milliards FCFA)
Ce premier volet entend renforcer l’ancrage local de l’Adepme à travers la création de « Maisons de la PME » dans toutes les régions du pays, ainsi que le déploiement de la plateforme numérique « SamaPME », conçue pour faciliter l’accès des entrepreneurs aux services et financements. - Intelligence économique et valorisation des données (2,5 milliards FCFA)
Il s’agira ici de créer un Observatoire national des PME, de produire des études sectorielles régulières, et de faire de la donnée un levier d’aide à la décision et de plaidoyer en faveur des PME. - Accompagnement direct et soutien à la compétitivité (45,5 milliards FCFA)
C’est le cœur du dispositif. Il prévoit la formalisation massive des entreprises, leur digitalisation, l’amélioration de leurs standards de qualité, un meilleur accès aux financements (dont le prêt d’honneur), ainsi que la création d’un incubateur de start-up. Un accent particulier sera mis sur la relance industrielle, l’export et les filières stratégiques.
Un financement diversifié et un modèle partenarial
Pour financer ce plan ambitieux, l’Adepme table sur une mobilisation collective. La répartition prévue des ressources est la suivante :
60 % des fonds viendront des partenaires techniques et financiers (PTF),
30 % de l’État du Sénégal,
7 % de grands groupes régionaux et internationaux,
3 % du secteur privé national.
Une table ronde des bailleurs et investisseurs est déjà annoncée pour sécuriser les engagements financiers et assurer la coordination des appuis.
Une offre sur-mesure selon les profils d’entreprises
Le plan introduit également une offre de services différenciée, selon la taille, le niveau de maturité et le secteur d’activité des entreprises. Les accompagnements vont de l’assistance juridique de base jusqu’à la préparation à l’exportation, en passant par la digitalisation, l’accès au crédit et la certification qualité.
Les start-ups technologiques, les entreprises industrielles, ainsi que celles engagées dans l’économie verte et solidaire bénéficieront d’une attention renforcée.
Des défis à relever pour concrétiser la vision
Si les ambitions sont grandes, le plan ne masque pas les défis. La cohérence budgétaire, la capacité de mise en œuvre concrète, et surtout la coordination entre l’État, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé seront déterminantes.
Mais pour l’Adepme, la direction est claire : « Industrialiser, formaliser, internationaliser » les PME pour qu’elles deviennent les piliers d’un modèle économique compétitif, inclusif et durable.



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