À l’aube de la rentrée scolaire 2025-2026, le secrétaire général du Saemss, El Hadji Malick Youm, tire la sonnette d’alarme. Malgré une année scolaire relativement stable, les maux structurels du système éducatif sénégalais restent profonds et non résolus. Déficit d’enseignants, lenteurs administratives, inégalités salariales, infrastructures précaires, résultats en chute libre : dans un entretien sans langue de bois accordé au Soleil, le syndicaliste dresse un tableau sombre mais lucide, appelant l’État à un véritable sursaut national.
L’année scolaire 2024-2025 aura été « relativement stable », reconnaît El Hadji Malick Youm, secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saemss). Mais cette accalmie n’est qu’apparente. Derrière cette stabilité se cache un système éducatif en crise, rongé par des problèmes structurels chroniques que le syndicaliste dénonce avec vigueur.
Un déficit chronique d’enseignants
« Il manquait plus de 4.200 enseignants au début de l’année », alerte-t-il. Si le gouvernement a procédé à un recrutement de 2.000 enseignants, le recours systématique aux « recrutements spéciaux » est pointé du doigt. « Ces méthodes contournent les concours officiels et introduisent parfois des profils non qualifiés dans le système », déplore-t-il. Pour le Saemss, seul un retour rigoureux aux concours nationaux garantira la transparence, la qualité et l’équité dans le recrutement.
Des abris précaires, un enseignement à ciel ouvert
Autre fléau : les infrastructures scolaires. À ce jour, plus de 7.200 salles de classe sont encore constituées d’abris provisoires. « Comment peut-on parler de performance quand des milliers d’élèves étudient sous des paillotes, exposés aux intempéries ? », s’indigne El Hadji Malick Youm, dénonçant l’indifférence des autorités face à cette réalité indigne d’un pays qui aspire au développement.
Le déclin des performances scolaires vient aggraver le tableau : le taux de réussite au baccalauréat est passé de 52 % en 2021 à environ 47 % en 2025. Même tendance au BFEM, en recul de trois points en deux ans. Pour le syndicaliste, cette baisse alarmante est le reflet d’un système en souffrance : classes surchargées, enseignants non formés, absence d’outils pédagogiques adaptés.
Promesses non tenues, patience à bout
Le respect des accords signés entre l’État et les syndicats est un autre point d’achoppement. « La promesse de zéro lenteur administrative est restée lettre morte », accuse-t-il. Dossiers d’avancement bloqués, reclassements en attente, décrets non signés pour les 10.000 enseignants dits « décisionnaires »… Le manque de volonté politique est flagrant selon le Saemss.
À cela s’ajoute une inégalité salariale flagrante. « Des agents de l’État avec le même niveau de diplôme gagnent jusqu’à dix fois plus que les enseignants », fulmine El Hadji Malick Youm. Il y voit une source majeure de démotivation, aux conséquences désastreuses pour la qualité de l’enseignement.
S’il salue quelques avancées dans le dialogue social, le secrétaire général du Saemss reste critique : présence de syndicats non représentatifs, lenteur dans l’examen des nouvelles revendications, absence de vision stratégique. « Nous ne faisons que discuter de la mise en œuvre d’accords anciens, sans jamais aborder les enjeux actuels : retraite, formation continue, digitalisation… »
Trois axes pour un nouveau départ
Pour sortir de l’impasse, El Hadji Malick Youm propose trois pistes majeures : former, réorienter, numériser.
- Former massivement les enseignants, avec la généralisation des formations diplômantes à distance.
- Réorienter les filières, en inversant le ratio actuel où 70 % des bacheliers sont littéraires, au détriment des disciplines scientifiques et techniques. Il propose une orientation plus précoce dès la classe de troisième, inspirée des modèles allemands ou ghanéens.
- Digitaliser le système éducatif, en dotant enseignants et élèves de kits numériques, en modernisant les outils pédagogiques, et en connectant les écoles aux nouvelles technologies.
Conclusion : un appel à un sursaut national
« La priorité des priorités au Sénégal doit être l’éducation. Sans une école forte, aucun secteur ne se développera durablement », martèle le secrétaire général du Saemss. Son appel ne se limite pas aux enseignants, mais interpelle toute la société. Car c’est l’avenir du pays qui se joue aujourd’hui dans les salles de classe… ou sous les paillotes.


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