Quatre jours après les fortes pluies qui ont paralysé plusieurs quartiers de Touba, la situation s’améliore grâce aux infrastructures d’assainissement récemment mises en service. Les efforts conjoints de l’Onas, de l’État et d’acteurs locaux ont permis une nette baisse du niveau des eaux. Reportage à Nguiranène et Keur Niang, épicentres du renouveau.
Le visage de la ville s’éclaircit après les pluies diluviennes qui l’ont frappée il y a quatre jours. Dans le quartier de Nguiranène, l’un des plus touchés, les eaux qui immobilisaient voitures et riverains ont largement reculé. La circulation a repris, les habitants commencent à souffler, et même les véhicules abandonnés refont surface.
À l’école coranique d’El Hadji Ndiaye, l’eau avait envahi le rez-de-chaussée. Désormais, c’est au premier étage que les élèves poursuivent leurs cours, franchissant un petit pont de fortune installé pour contourner les flaques restantes. « C’est la première fois qu’on voit une baisse aussi rapide. Les nouvelles installations ont vraiment changé quelque chose », témoigne El Hadji Ndiaye, soulagé mais prudent.
Du côté de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), le constat est partagé. Moustapha Rahim Wilson, chef de service départemental à Touba, confirme que la baisse du niveau de l’eau est significative, grâce aux stations de pompage récemment mises en service à Keur Niang et Nguélémou. « Ces stations sont stratégiques. Elles ont permis d’éviter le pire », déclare-t-il, en saluant les efforts de coordination entre l’Onas, les sapeurs-pompiers, la DPGI et les acteurs locaux comme Touba Ça Kanam.
Un tournant majeur dans la gestion des inondations
L’État a investi en 2025 dans la réalisation de trois stations de pompage et 12 kilomètres de réseaux gravitaires. À Keur Niang, la nouvelle station « Keur Niang 2 » vient renforcer une première station déjà existante. À Nguélémou, la troisième station, dotée de pompes plus puissantes, est appelée à devenir le futur centre névralgique de la gestion des eaux pluviales à Touba.
Un système intelligent de vannes permet déjà de rediriger les eaux vers Nguélémou en cas de saturation à Keur Niang, réduisant les risques de débordement. « À terme, Keur Niang collectera les eaux, et Nguélémou les évacuera. C’est un vrai schéma de gestion durable », souligne M. Wilson.
Malgré des résultats encourageants, le chef de service de l’Onas reste lucide : la capacité de pompage maximale n’est pas encore atteinte. « Certaines pompes ne sont pas encore fonctionnelles, mais les effets sont déjà visibles. Une fois les travaux finalisés, la ville sera beaucoup plus résiliente face aux pluies », assure-t-il.
Espoir et mobilisation collective
Face à un problème aussi complexe que les inondations à Touba, la solution ne peut être que collective. Et cette solidarité commence à porter ses fruits. L’implication des autorités locales et des citoyens est saluée de toutes parts. « Ce n’est pas encore parfait, mais c’est un progrès que nous n’avions jamais vu », insiste El Hadji Ndiaye.
Alors que le Magal approche, l’enjeu est de taille. Mais pour la première fois depuis des années, l’espoir semble revenir avec le soleil.












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