
C’est avec une profonde stupéfaction que j’ai pris connaissance de votre note de service en date du 14 juillet 2025, par laquelle vous interdisez formellement le port de greffage, de perruques ainsi que la pratique de la dépigmentation au sein de l’administration que vous dirigez.
Une telle décision soulève des interrogations majeures, tant sur le plan juridique que social. Certes, un employeur peut encadrer l’apparence de ses agents, mais uniquement dans la mesure où cela est justifié par la nature de leur travail. En l’espèce, votre note semble cibler exclusivement les travailleuses du Grand Théâtre, ce qui peut être perçu comme une forme de discrimination fondée sur le genre et l’apparence physique, susceptible de porter atteinte à leurs droits fondamentaux.
Avez-vous, Monsieur le Directeur, envisagé les cas particuliers, comme ceux des femmes atteintes d’alopécie ou ayant subi des traitements médicaux, pour lesquelles le port de perruque est une nécessité, voire un moyen de préserver leur dignité ? Avez-vous pris en compte les implications culturelles et religieuses d’une telle interdiction ?
Quant à la dépigmentation, votre position, bien qu’elle puisse se justifier par des considérations sanitaires ou éthiques, pose problème quant à sa mise en œuvre. Disposez-vous des moyens permettant d’identifier de manière objective et équitable les personnes concernées ? Irez-vous jusqu’à exiger des preuves visuelles ou des examens physiques ? Une telle démarche risquerait de franchir une limite grave : celle de l’intrusion dans la vie privée des agents, ce que proscrit aussi bien le Code du travail sénégalais que les conventions internationales.
De surcroît, votre note de service semble avoir été prise sans concertation préalable avec les Ressources humaines ni consultation juridique, ce qui aurait pu éviter bien des maladresses. En agissant ainsi, vous exposez inutilement les femmes du Grand Théâtre à des tensions internes et à une stigmatisation publique regrettable.
Votre mission est aussi de protéger les agents placés sous votre autorité, en particulier les femmes, et non de les fragiliser. Plutôt que de recourir à l’interdiction, une démarche de sensibilisation, d’éducation et d’accompagnement aurait été plus conforme à l’esprit d’un service public culturel, soucieux de promouvoir la dignité et le respect de la diversité.
Enfin, permettez-moi de vous rappeler que les défis auxquels le Grand Théâtre est confronté sont nombreux et prioritaires : valorisation du patrimoine culturel sénégalais et africain, soutien à la création artistique, formation du jeune public, rayonnement international… Voilà les véritables combats qui méritent votre engagement plein et entier.
En espérant que vous reconsidérerez cette décision dans l’intérêt de l’institution et du personnel que vous encadrez, je vous adresse, Monsieur le Directeur, mes salutations respectueuses.
Amadou Diallo
PASTEF – Sinthiou Bamambé Banadji
Département de Kanel
President ADPT



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