La Constitution d’une nation n’est pas un simple cahier de brouillon que l’on rature au gré des majorités de passage. Elle n’est pas la propriété exclusive d’un parti, d’une coalition ou d’une chapelle politique. Elle est le texte sacré qui scelle notre vouloir-vivre collectif, le miroir de notre histoire et le garant de notre avenir commun.
Pourtant, c’est avec une profonde gravité et une vive inquiétude que nous assistons aujourd’hui aux manœuvres des députés de PASTEF. Sous le couvert de réformes institutionnelles, une tentative de réécriture de notre Loi fondamentale se dessine dans les couloirs feutrés de l’Assemblée nationale. Le constat est amer, la méthode est brutale : aucun dialogue préalable, aucune concertation inclusive, aucun recours au référendum.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment ceux qui, hier encore, se réclamaient des aspirations profondes du peuple, de la transparence et de la rupture, peuvent-ils aujourd’hui choisir la voie du passage en force et du huis clos ?
Modifier la Constitution sans donner la parole au peuple, c’est commettre une forfaiture démocratique. C’est transformer une co-construction citoyenne en un oukase unilatéral.
Chaque citoyen sénégalais, de Dakar à Tambacounda, de Saint-Louis à Ziguinchor, ainsi que notre vibrante diaspora, a le droit absolu d’avoir son mot à dire. Notre charte fondamentale ne peut être modifiée par procuration. Si ces réformes sont si salvatrices qu’on le prétend, pourquoi craindre le débat ? Pourquoi fuir le regard et le verdict des urnes ? Pourquoi refuser le référendum, cette respiration démocratique par excellence où chaque voix compte à égalité ?
Nous ne pouvons pas accepter que la légitimité parlementaire, aussi réelle soit-elle, serve de paravent pour confisquer la souveraineté populaire. Le Sénégal s’est forgé une réputation mondiale de terre de démocratie par le sang, la sueur et la vigilance de ses enfants. Nous ne regarderons pas ce précieux héritage être détricoté en silence.
Le pouvoir appartient au peuple, et au peuple seul. Aux députés de la majorité, nous disons : souvenez-vous de l’histoire. Le Sénégal a une mémoire, et sa jeunesse a les yeux grands ouverts. Ne trahissez pas la promesse d’une gouvernance vertueuse et partagée.
Restons debout, restons vigilants. Pour l’amour de notre République, pour le respect de notre dignité.
Vive le Sénégal, libre et souverain !
Moustapha DIOP
Délégué Communal de Awalé Médina



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