La séquence politique ouverte par le président Bassirou Diomaye Faye, marquée par le départ du Premier ministre Ousmane Sonko et suivie de la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale, s’avère d’une richesse doctrinale absolue. Au-delà des passions partisanes et des lectures à court terme, ce moment charnière offre une leçon magistrale sur l’état de notre République : il démontre, avec une clarté éclatante, la robustesse intrinsèque des institutions sénégalaises lorsqu’elles sont purgées des manipulations politiciennes.
Ce que nous observons, c’est le fonctionnement d’un État moderne dans une fluidité quasi totale. L’Exécutif et le Législatif, loin de se livrer à une guerre de tranchées destructrice, se font face en s’appuyant strictement sur leurs prérogatives régaliennes respectives. Ce jeu de contre-pouvoirs, loin de bloquer la machine étatique, fait au contraire respirer toute l’architecture institutionnelle de notre pays, dans un respect mutuel qui honore notre tradition républicaine. C’est la preuve que nos textes ont une âme et une force dès lors qu’ils sont activés avec rigueur et hauteur.
Le véritable problème ne réside donc pas dans nos institutions, mais dans le décor qui les entoure. Le seul point noir de cette transition fluide reste le brouhaha incessant entretenu par une masse de politiciens professionnels. Leurs gesticulations, sans aucune valeur ajoutée pour la consolidation démocratique, saturent l’espace médiatique. Ce vacarme nous rappelle, malheureusement, qu’un immense travail de salubrité publique reste à parfaire au Sénégal.
Cette salubrité doit s’exercer sur deux niveaux. D’abord, au sein du personnel politique, trop souvent guidé par des intérêts crypto-personnels et l’art du spectacle plutôt que par le sens de l’État. Ensuite, auprès d’une frange de l’opinion publique encore trop perméable aux manipulations, aux fausses informations et aux discours émotionnels qui parasitent le débat de fond.
Le Sénégal vient de prouver que son ossature institutionnelle est solide, capable de surmonter les vagues sans tanguer. Pour que cette maturité systémique devienne définitive, il appartient désormais aux acteurs de se hisser au niveau de la dignité de nos institutions, et non l’inverse. Le chemin de la refondation est encore long, mais la boussole républicaine, elle, fonctionne à merveille.


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