Le nouveau directeur général du Fonds d’entretien routier autonome (FERA), Cheikh Dieng, veut rompre avec le pilotage à vue. À l’occasion de sa prise de fonction, vendredi, il a dévoilé la « Vision FERA 2031 », une feuille de route stratégique présentée comme un véritable plan de rupture pour redresser la situation financière de l’institution, moderniser sa gouvernance et préserver durablement le patrimoine routier national.
Face à une situation qu’il juge préoccupante, le nouveau patron du FERA entend agir vite. L’institution traîne une dette estimée à 30,8 milliards de francs CFA, tandis que le réseau routier sénégalais se dégrade sous l’effet conjugué du vieillissement des infrastructures, des contraintes financières et des facteurs climatiques.
« Face à la dégradation de notre réseau routier et à une dette de 30,8 milliards FCFA, nous refusons la fatalité », a déclaré Cheikh Dieng lors de la cérémonie de passation de service avec la directrice générale sortante, Soukèye Diop Fam.
Le nouveau directeur général entend ainsi inscrire le FERA dans la dynamique de l’Agenda Sénégal 2050, avec une doctrine qu’il veut placer au cœur de son action : « l’économie de la préservation ».
Préserver avant de reconstruire
Pour Cheikh Dieng, l’urgence ne consiste plus uniquement à construire de nouvelles infrastructures, mais à protéger celles qui existent déjà.
Le patrimoine routier classé et autoroutier du Sénégal représente environ 16 500 kilomètres, pour une valeur estimée à plus de 3 000 milliards de francs CFA. Un patrimoine considérable que le nouveau directeur général veut désormais considérer comme un actif stratégique à préserver.
« La priorité n’est plus seulement de construire, mais de sanctuariser cet existant afin de stopper la dépréciation de nos actifs publics et garantir leur pérennité économique », a-t-il insisté.
Cette approche repose notamment sur un principe financier simple : investir suffisamment tôt dans l’entretien permettrait d’éviter des coûts beaucoup plus importants à l’avenir. Cheikh Dieng estime ainsi qu’un franc CFA consacré à l’entretien préventif peut permettre d’économiser quatre à sept francs CFA en réhabilitation future.
La donnée au cœur de la nouvelle stratégie
La « Vision FERA 2031 » ambitionne également de transformer en profondeur les méthodes de gestion de l’institution.
Cheikh Dieng veut mettre fin au « pilotage à vue » en s’appuyant davantage sur la donnée technique et financière. L’objectif est de disposer d’une connaissance précise de l’état du réseau afin d’anticiper les dégradations, de programmer plus efficacement les interventions et de mieux justifier les choix budgétaires.
Cette approche doit permettre au FERA de passer d’une logique essentiellement réactive à une gestion préventive, planifiée et fondée sur des indicateurs fiables.
Le financement de l’entretien et de l’exploitation des routes devra, dans cette nouvelle architecture, répondre à des standards renforcés d’efficacité, de régularité et de transparence.
La résilience climatique comme nouvelle exigence
Autre axe majeur : l’adaptation des infrastructures aux effets du changement climatique.
Pour le nouveau directeur général, la résilience des routes ne peut plus être considérée comme une option. L’usure précoce des infrastructures et les facteurs climatiques imposent désormais de revoir les exigences applicables aux projets financés par le FERA.
« Les chantiers que nous financerons devront désormais répondre à des exigences de durabilité accrues », a-t-il préconisé, afin de mieux résister aux facteurs de dégradation et de garantir la continuité de la mobilité sur l’ensemble du territoire.
Gouvernance : cap sur la performance et la rigueur
La transformation voulue par Cheikh Dieng concerne également le fonctionnement interne du FERA.
L’ancien directeur général de l’ONAS plaide pour l’instauration d’une véritable culture de la performance, de la rigueur et de la responsabilité, adossée à une gouvernance modernisée.
Il compte notamment s’attaquer à certains blocages administratifs qui affectent actuellement le fonctionnement de l’institution, notamment la suspension des conventions avec les collectivités territoriales et le conflit de procédure avec l’agent comptable.
De nouveaux référentiels d’audit interne ainsi qu’une collaboration renforcée avec les cadres de l’institution doivent accompagner cette réforme.
Une feuille de route à construire collectivement
Cheikh Dieng ne compte toutefois pas imposer seul sa nouvelle doctrine. Il prévoit de présenter, dans les prochains jours, le document stratégique « Vision FERA 2031 » aux cadres de l’institution afin de recueillir leurs contributions et de l’enrichir collectivement.
Une démarche qui traduit sa volonté de faire de la transformation du FERA un projet institutionnel partagé.
De son côté, la directrice générale sortante, Soukèye Diop Fam, a dressé le bilan de ses 26 mois à la tête de l’organisme. Elle a placé son action sous les valeurs de l’éthique, de la rigueur et de la transparence, en cohérence avec la ligne directrice du « Jub, Jubal, Jubanti », fondée sur la droiture, l’équité et le redressement.
Avec la « Vision FERA 2031 », Cheikh Dieng ouvre désormais un nouveau chapitre. Son pari est clair : assainir les finances, moderniser la gouvernance et surtout faire de l’entretien routier une priorité stratégique pour préserver un patrimoine public de plusieurs milliers de milliards de francs CFA.

























![[ Vidéo] US Army: un géant impuissant](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot_20260807-094704-360x180.png)





![[ Vidéo] France : Médecins du Monde intervient auprès des migrants exposés au canicule](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot_20260805-102706-360x180.png)


























