
L’enseignant-chercheur Jean-Louis Corréa a officiellement présenté son nouvel ouvrage intitulé “Droit des obligations”, une contribution ambitieuse qui entend repenser en profondeur l’approche du droit au Sénégal. À travers ce livre, l’auteur invite à une rupture intellectuelle : celle de sortir d’une dépendance historique aux modèles étrangers pour recentrer l’analyse sur les réalités juridiques nationales.
Lors de la cérémonie de présentation, le vice-recteur de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, en charge des affaires pédagogiques, a souligné l’importance de cette démarche. Selon lui, l’ouvrage interroge « l’ancrage du droit des obligations chez les faiseurs de système, la doctrine et chez l’interprète, le juge », ouvrant ainsi un débat essentiel sur la manière dont le droit est conçu, enseigné et appliqué.
Partant d’un constat critique, le professeur Corréa déplore que l’enseignement du droit des obligations ait longtemps été marqué par une « dépendance catégorielle ». Il pointe du doigt une tendance persistante à mobiliser des concepts, classifications et références issus principalement du droit français, souvent sans retour suffisant au contexte sénégalais.
Or, insiste-t-il, le Code des obligations civiles et commerciales (COCC) du Sénégal ne saurait être réduit à une simple reproduction du modèle français. « C’est un texte situé, porteur d’une ambition d’autonomie juridique », explique-t-il, mettant en lumière ses spécificités, ses innovations, mais aussi ses zones d’ombre et ses limites.
L’ouvrage se distingue ainsi par une approche méthodique fondée sur trois piliers : la systématisation, la contextualisation et la problématisation. Il propose de relire le droit des obligations à partir du COCC lui-même, en valorisant ses logiques internes et en ouvrant, lorsque nécessaire, un dialogue avec le droit comparé.
Au-delà de l’analyse doctrinale, Jean-Louis Corréa entend répondre à un besoin pédagogique pressant. Il évoque un « vide » ressenti par les étudiants sénégalais, souvent confrontés à des ressources peu adaptées à leur environnement juridique. Son livre se veut donc un véritable outil de travail, permettant d’apprendre et de penser le droit à partir des réalités nationales.
Mais l’auteur va plus loin : il ne s’agit pas simplement d’un manuel supplémentaire, mais d’une invitation à la réflexion collective. Étudiants, magistrats, avocats, notaires, enseignants et chercheurs sont appelés à s’approprier cette démarche, à en discuter les analyses et à prolonger le chantier.
« Ce livre est une étape », conclut-il, avec humilité. Une étape vers une pensée juridique plus autonome, plus critique et résolument ancrée dans le contexte sénégalais.





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