À l’heure où l’Intelligence artificielle redessine les contours de l’humanité et bouleverse les fondements mêmes des sociétés, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, appelle à un retour lucide et assumé aux racines culturelles comme socle de résistance et de sens.
S’exprimant jeudi à Dakar, lors de la cérémonie officielle marquant les 50 ans de la revue Ethiopiques et le demi-siècle d’existence de la Fondation Léopold Sédar Senghor, le ministre a souligné l’urgence d’un ancrage identitaire fort face à une modernité de plus en plus dominée par la technologie.
« Plus les sociétés se modernisent, plus on avance vers l’homme-machine et l’humanoïsme, plus le besoin d’ancrage identitaire devient vital », a déclaré Amadou Ba, devant un parterre d’universitaires, d’intellectuels et de responsables culturels réunis au siège de la Fondation Senghor.
Selon lui, la culture demeure l’ultime refuge de l’humanité dans un monde où la machine s’immisce progressivement dans tous les domaines de la vie, jusqu’à l’intimité même de l’homme.
« Devant l’Intelligence artificielle, il n’y aura qu’un seul îlot de résistance : la culture », a-t-il martelé, estimant que seule celle-ci peut encore offrir une raison d’être à l’homme lorsque la technologie s’approprie des secteurs qui constituaient l’essence de son existence.
L’héritage de Senghor, une boussole pour le présent et l’avenir
Amadou Ba s’est particulièrement réjoui de la présence massive de jeunes élèves et étudiants, témoignant selon lui de l’actualité et de la pertinence de l’héritage de Léopold Sédar Senghor, poète, penseur et premier président du Sénégal indépendant, dont la revue Ethiopiques demeure l’un des piliers intellectuels.
Pour le ministre, les thématiques longtemps associées aux luttes pour l’indépendance et l’émancipation des peuples africains connaissent aujourd’hui une nouvelle résonance, à l’ère de la globalisation et de l’Intelligence artificielle.
« Penser l’héritage de Senghor, c’est réfléchir à la manière dont notre jeunesse et nos sociétés peuvent se réinventer à partir de paradigmes que l’on croyait confinés au passé », a-t-il soutenu.
Il a ainsi plaidé pour que ces valeurs soient placées au cœur des politiques publiques, afin de structurer durablement les États et préserver leur identité face aux mutations technologiques rapides.
Un engagement de l’État pour la transmission culturelle
Le ministre a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner la Fondation Léopold Sédar Senghor, notamment dans la diffusion de l’œuvre et de la pensée du poète-président auprès des jeunes générations, qu’il considère comme les premiers concernés par les défis de la modernité.
La cérémonie s’est tenue en présence du secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Bacary Sarr, ainsi que de nombreuses figures du monde intellectuel et politique, parmi lesquelles les philosophes Mamoussé Diagne, Abdoulaye Elimane Kane, l’écrivain Makhily Gassama, Cheikh Tidiane Gadio, tous anciens ministres, mais aussi Gérard Bosio, ancien conseiller culturel du président Senghor, et d’anciens directeurs de la revue Ethiopiques.
Cinquante ans après sa création, Ethiopiques continue ainsi d’incarner un espace de réflexion critique et de dialogue entre cultures, rappelant que face aux avancées fulgurantes de la technologie, l’identité et la culture restent les véritables piliers de l’humanité.



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