
La première édition du Festival ouest-africain des arts et de la culture (Ecofest) a refermé ses portes vendredi à Dakar, après une semaine d’effervescence artistique et de réflexion politique. En clôturant l’événement, le ministre sénégalais de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, a salué la capacité des artistes et participants à « jeter des ponts du dialogue interculturel » dans un contexte régional marqué par la méfiance, les crises politiques et le repli identitaire.
« Face au discours de division, vous avez répondu par la fusion des rites ; face au mur de la méfiance, vous avez apposé les ponts du dialogue interculturel », a déclaré le ministre, mettant en lumière l’esprit de fraternité et de créativité qui a nourri cette première édition d’Ecofest, organisée par la CEDEAO et l’UEMOA.
La culture, une réponse politique aux fractures ouest-africaines
Le thème choisi pour le festival, « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? », a donné le ton d’une rencontre où la culture n’a pas été cantonnée au divertissement, mais envisagée comme un véritable levier de résilience et de réconciliation.
Pour Amadou Bâ, les artistes et les porteurs de savoirs présents ont démontré que la culture reste un outil stratégique pour retisser les liens fragilisés par les tensions socio-politiques qui secouent la sous-région. « Vous avez prouvé que la culture n’est pas un simple divertissement : elle est une force politique, une force de résilience, de réconciliation », a-t-il insisté.
Une célébration de la diversité ouest-africaine
Dakar a ainsi vibré au rythme d’une mosaïque d’expressions artistiques : danses rituelles, contes, épopées, concerts, expositions, artisanat, gastronomie. Les festivaliers ont mis en lumière la richesse d’un patrimoine commun, pluriel, dont les racines plongent aussi bien dans les terres ancestrales que dans les imaginaires contemporains.
Aux yeux du ministre, cet événement rappelle que l’Afrique de l’Ouest est davantage qu’un simple espace de circulation économique : c’est avant tout « une terre de grande humanité et de grande musicalité ».
Un patrimoine à protéger face aux dérives du marché
Tout en célébrant cette effervescence créative, Amadou Bâ a averti sur les risques liés à une marchandisation incontrôlée du patrimoine culturel. L’exploitation économique « sans discernement » du patrimoine immatériel ou matériel de la région pourrait, selon lui, mettre en péril des trésors qui dépassent largement la valeur de son sous-sol : « son âme, ses contes, ses épopées, ses savoir-faire ancestraux et ses sites historiques ».
Il appelle ainsi les États de la CEDEAO à renforcer leur engagement pour protéger, financer et valoriser ce patrimoine commun, afin qu’il demeure un pilier de cohésion, de transmission et d’avenir.
Ecofest, un rendez-vous appelé à grandir
Cette première édition d’Ecofest aura démontré que la culture, loin d’être un luxe, reste l’un des derniers espaces capables de rassembler, de soigner les fractures et d’offrir des horizons communs.
À l’heure où l’Afrique de l’Ouest affronte des secousses politiques majeures, la réussite de ce festival pose les jalons d’un rendez-vous appelé à devenir une plateforme incontournable de dialogue régional.



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