Une centaine d’acteurs locaux participent, depuis lundi à Sédhiou, à une formation de quatre jours sur les textes juridiques et réglementaires relatifs à la lutte contre les violences basées sur le genre. Cette initiative vise à renforcer les capacités des para-juristes et à promouvoir une approche communautaire pour éradiquer les mutilations génitales féminine
Une centaine de para-juristes, venus de différents secteurs d’activité — santé, éducation, administration et société civile —, prennent part à une session de formation de quatre jours à Sédhiou. L’objectif : renforcer leurs compétences en matière de prévention et de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre (VBG).
Organisée par l’Association des juristes sénégalaises (AJS), en partenariat avec l’Agence catalane de coopération au développement (ACCD) et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), cette session s’inscrit dans le cadre du Projet d’accélération de la protection et de l’élimination de toutes les formes de discrimination et de violences basées sur le genre, notamment les mutilations génitales féminines (MGF).
“Cette formation vise à outiller les acteurs locaux pour mieux comprendre les textes juridiques et réglementaires relatifs à la protection des femmes et des filles, tout en promouvant une approche communautaire pour éradiquer les pratiques néfastes”, a déclaré Doudou Totalla Diédhiou, coordonnateur régional de la Petite enfance et de la Case des tout-petits.
Pour M. Diédhiou, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles exige une prise en charge holistique : “La protection des enfants dépend aussi du comportement des adultes. Il faut donc une synergie d’actions et une implication de tous les acteurs pour garantir le respect des droits fondamentaux des femmes et des filles.”
De son côté, Ndèye Astou Goudiaby, coordonnatrice de la Boutique de droit de Ziguinchor, a rappelé que cette session de formation s’inscrit dans une stratégie nationale visant à éliminer durablement les discriminations et violences basées sur le genre.
“Cette initiative marque une étape importante dans la lutte contre les violences faites aux femmes et traduit la volonté commune des partenaires nationaux et internationaux de bâtir une société plus juste et inclusive”, a-t-elle souligné.
Awa Dieng, représentante du Réseau Siggil Jigéen, a insisté sur la dimension socio-culturelle du problème, plaidant pour un renforcement des capacités locales afin de mieux affronter ce fléau. Quant à Oumar Kanté, adjoint au maire de Sédhiou, il a réaffirmé l’engagement de la municipalité :
“Les mutilations génitales féminines ont des conséquences désastreuses sur la santé et le bien-être des femmes. La commune de Sédhiou continuera d’accompagner toutes les initiatives allant dans le sens de leur éradication.”