Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les inondations. Le directeur de la prévention et de la gestion des inondations, Madické Cissé, a présenté un ensemble de solutions structurelles et non structurelles destinées à renforcer la résilience du pays face aux aléas hydrologiques. Ces mesures s’inscrivent dans une démarche de planification, de gouvernance et de coordination institutionnelle plus intégrée.
Lors d’un atelier de présentation du Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) pour les zones pilotes, du Plan de Prévention du Risque d’Inondation (PPRI) du bassin versant du Lac Rose, et de la Stratégie nationale de gestion des inondations (SNGI), M. Cissé a détaillé les axes prioritaires de cette politique ambitieuse.
« Ces mesures comprennent des solutions basées sur la connaissance du terrain pour réduire les inondations dans les communes de Touba, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, mais aussi dans le bassin versant du Lac Rose, dans la région de Dakar », a-t-il précisé.
Préserver les voies naturelles d’écoulement des eaux
Parmi les actions phares annoncées, figure la mise en place d’un décret d’utilité publique visant à protéger les voies naturelles d’écoulement des eaux à travers tout le territoire national. Ce texte, actuellement soumis à l’approbation du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, marque une avancée majeure dans la gestion durable des zones inondables.
Selon Madické Cissé, la connaissance approfondie du terrain a permis de mieux comprendre les mécanismes à l’origine des inondations.
« Partout où il y a des réseaux hydrographiques et des inondations, on retrouve trois principaux facteurs : le ruissellement par crue, les remontées de nappes et les débordements de fleuves », a-t-il expliqué.
Des réseaux hydrographiques visibles et “dormants”
Le directeur a également insisté sur la nécessité de prendre en compte les réseaux hydrographiques dormants, ces cours d’eau temporaires qui ne se réveillent qu’à la suite de pluies exceptionnelles. Leur cartographie et leur préservation sont désormais intégrées dans la planification urbaine et environnementale.
Un projet structurant en fin de cycle
Le Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS), lancé en 2019 et arrivant à son terme cette année, a permis d’importants progrès. Il a notamment facilité l’analyse coûts-bénéfices des plans de protection des populations exposées au risque d’inondation dans les zones les plus vulnérables.
Cette approche scientifique et participative a renforcé la capacité de l’État à anticiper, prévenir et gérer les inondations, tout en promouvant une meilleure coordination entre les différents acteurs institutionnels et communautaires.
Vers une gouvernance hydrologique durable
La présentation de ces outils stratégiques s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’instaurer une gouvernance hydrologique durable, fondée sur la planification, la connaissance et la résilience.
Les prochaines étapes consisteront à opérationnaliser les plans élaborés, à impliquer davantage les collectivités territoriales, et à mobiliser les ressources nécessaires pour assurer une mise en œuvre efficace sur le long terme.
En misant sur une approche intégrée et fondée sur la science, le Sénégal affirme son engagement à faire des inondations non plus une fatalité, mais un enjeu national de développement résilient.











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