
Lancé par l’État du Sénégal, le programme “Daara-Atelier” vise à doter 15 000 jeunes issus des écoles coraniques traditionnelles de compétences professionnelles, tout en respectant leur formation religieuse. Doté d’un budget de plus de 16 milliards de francs CFA, ce projet novateur allie savoir spirituel et qualification technique.
Le ministre de la Formation professionnelle et technique, Amadou Moustapha Njekk Sarré, a réaffirmé lundi à Médina Baye, dans la région de Kaolack, la volonté de l’État de former 15 000 jeunes talibés dans le cadre du programme “Daara-Atelier”, une initiative inédite mêlant éducation religieuse et apprentissage de métiers techniques.
Estimé à 16,25 milliards de francs CFA, ce programme étatique débutera officiellement en 2026 et s’adresse aux jeunes âgés de 15 à 30 ans issus des écoles arabo-islamiques traditionnelles. Objectif : leur permettre d’acquérir une qualification professionnelle dans des secteurs clés tels que l’agriculture, l’agroalimentaire, ou encore le froid et la climatisation.
“Nous allons travailler en étroite collaboration avec les autorités religieuses, notamment le Khalife de Médina Baye, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, afin d’atteindre un maximum de bénéficiaires”, a précisé le ministre Sarré, soulignant l’importance d’un ancrage local fort pour la réussite du programme.
L’adhésion des leaders religieux, un gage de réussite
Le Khalife Cheikh Mahi Niass, figure de proue de la Fayda Tidjania, a salué cette initiative qu’il considère comme un tournant historique pour les daaras. “Aucun projet ne peut réussir sans l’implication des écoles coraniques”, a-t-il rappelé, mettant en avant leur poids sociologique et éducatif au Sénégal.
Selon lui, associer les maîtres coraniques aux efforts de qualification technique permet de valoriser un héritage religieux tout en préparant les jeunes à affronter les réalités économiques. “Les écoles coraniques détiennent un savoir, une connaissance et une expérience qui, alliés aux compétences techniques, ne peuvent qu’être bénéfiques”, a-t-il souligné.
Vers un modèle de développement endogène
Cheikh Mahi Niass a également profité de cette rencontre pour évoquer son projet de pôle agricole et industriel, qui pourrait bénéficier du soutien du programme Daara-Atelier. Il a réaffirmé que “le développement d’un pays ne repose pas uniquement sur l’obtention de diplômes académiques, mais aussi sur la formation pratique et l’élévation des compétences”.
Le programme Daara-Atelier ambitionne ainsi de jeter un pont entre éducation religieuse et formation professionnelle, dans une logique de développement durable, inclusif et respectueux des réalités locales.











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