À l’occasion du cinquantenaire de la CEDEAO, le think tank AfrikaJom Center a réuni à Dakar des experts et acteurs de la sécurité autour d’un constat partagé : face à l’extrémisme violent et à la criminalité transfrontalière, l’Afrique de l’Ouest doit changer de paradigme ou risquer l’effondrement. Mutualisation, dialogue et refonte stratégique sont désormais des urgences régionales.
C’est sous le sceau de l’urgence et du réalisme que s’est ouvert le premier panel de la conférence régionale « Changer ou périr », organisée par l’AfrikaJom Center à l’occasion des 50 ans de la CEDEAO. Intitulé « Défis de la souveraineté sécuritaire régionale : mutualisation et coordination des moyens », ce moment fort a permis de dresser un état des lieux sans fard des menaces sécuritaires qui pèsent sur la région ouest-africaine.
Face à l’enchevêtrement des crises politiques, économiques et sécuritaires, les intervenants ont unanimement souligné l’inefficacité des réponses strictement nationales. Pour Alioune Tine, fondateur de l’AfrikaJom Center et voix majeure de la société civile africaine, la fragmentation des politiques de défense constitue un obstacle central à toute réponse cohérente. « Les pays de la CEDEAO traitent la sécurité comme une affaire domestique, au détriment de l’approche communautaire nécessaire », affirme-t-il.
Le retrait de pays stratégiques comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger des mécanismes communautaires a également été pointé du doigt. L’absence de coordination avec ces États, actuellement membres de l’AES, affaiblit la surveillance frontalière et disperse les efforts. « Là où l’État est absent, les trafics prospèrent et les groupes djihadistes trouvent des relais logistiques », alerte Tine, évoquant la porosité des frontières comme une vulnérabilité majeure.
Face à ces défis, le fondateur de l’AfrikaJom Center plaide pour une approche globale, mêlant stratégies militaires, dialogue intercommunautaire et développement économique. Il propose notamment la création d’une conférence des ministres de la Défense, capable d’instaurer un véritable espace de concertation stratégique entre les pays de la CEDEAO et ceux de l’AES. « Nos ministres doivent se parler, échanger, co-construire des réponses adaptées. »
Mais au-delà de la coopération institutionnelle, l’accent a aussi été mis sur la reconnexion des institutions à leurs sociétés. « Il faut des institutions enracinées, crédibles, et non des entités technocratiques déconnectées des réalités sociales », insiste Tine. Pour lui, le combat contre l’insécurité passe aussi par une réappropriation géopolitique, en développant des lectures endogènes des rapports de force et des menaces.
Dans la même veine, Oumar Ndongo, membre du comité scientifique de la Chaire UNESCO « Éducation en prison », a dénoncé l’inefficacité du système d’alerte précoce ECOWARN. « Il faut doter la CEDEAO non seulement du mandat de prévention, mais aussi de moyens d’intervention à l’intérieur des États membres. La sécurité collective ne peut plus être un simple slogan. »
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