La directrice exécutive de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), Laure Tall, a vivement déploré mercredi la faiblesse des actions préventives menées par plusieurs États africains pour protéger leurs ressortissants établis à l’étranger, en particulier les travailleuses domestiques migrantes.
Intervenant lors d’un atelier de restitution consacré aux résultats d’une étude menée dans le cadre du projet « Protection des droits des femmes migrantes africaines dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient », elle a souligné un constat préoccupant :
« En matière de protection de la migration de la main-d’œuvre, les États interviennent davantage après les problèmes qu’en amont, alors que la prévention devrait être une priorité. »
Une migration féminine peu encadrée
L’étude présentée s’est penchée sur la situation des travailleuses domestiques originaires d’Éthiopie, du Maroc, de l’Ouganda et du Sénégal, principalement en Arabie Saoudite et au Qatar. Elle révèle des lacunes notables dans l’encadrement de cette migration féminine, pourtant croissante.
L’objectif général de cette recherche était de mieux comprendre les dynamiques de la migration africaine de travail vers les pays du Golfe, afin de fournir à l’Union africaine des données solides pour bâtir des mécanismes multilatéraux de protection. Les travailleurs migrants non qualifiés — et plus particulièrement les femmes domestiques — restent parmi les catégories les plus vulnérables.
Un manque de données qui fragilise les politiques publiques
Au-delà des témoignages et récits souvent anecdotiques, l’étude met en évidence une insuffisance criante de données chiffrées permettant d’appuyer un plaidoyer solide auprès des gouvernements africains.
Cette carence complique l’élaboration de cadres de coopération efficaces avec les pays du Golfe.
Plaidoyer, organisation et dialogue politique
Selon Laure Tall, cette rencontre visait également à proposer des actions concrètes de sensibilisation, à encourager une organisation formelle de cette forme de migration, et à instaurer un dialogue structuré avec les décideurs politiques et institutionnels.
L’étude recommande enfin aux États africains de réviser leurs accords bilatéraux sur la migration de la main-d’œuvre, de renforcer la coopération régionale, et de promouvoir une responsabilité conjointe dans la gestion de la migration africaine.



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