
Après près de trente ans d’absence sur la scène nationale, l’œuvre monumentale du sculpteur sénégalais Ousmane Sow retrouve enfin sa terre natale. Depuis le 25 avril, le Musée des Civilisations Noires accueille une rétrospective d’envergure consacrée à l’un des plus grands artistes africains contemporains, dans une exposition appelée à durer trois ans.
Lors du vernissage officiel, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, n’a pas caché l’émotion suscitée par cet événement qu’il qualifie de véritable « réparation ». « Nous réparons une géographie sentimentale », a-t-il déclaré, soulignant que l’artiste « est revenu chez lui », dans un pays qui, longtemps, n’a pas pu exposer son génie à sa juste mesure.
Cette exposition rassemble une cinquantaine d’œuvres originales, retraçant les grandes séries qui ont façonné la renommée internationale de l’artiste : « Nouba », « Masaï », « Zulu » ou encore « Peulh ». Bien au-delà de simples représentations ethnographiques, ces sculptures incarnent une vision puissante de l’humanité, entre force, dignité et mémoire collective.
Le parcours met également en lumière la série « Merci », un hommage à des figures historiques majeures comme Toussaint Louverture et Nelson Mandela. Une autre série, « L’homme et l’enfant », rend hommage à Victor Hugo ainsi qu’au père de l’artiste, soulignant la dimension intime et universelle de son œuvre.
Pour le directeur général du MCN, Mouhamed Abdallah Ly, cette rétrospective dépasse largement le cadre artistique. Elle constitue une méditation sur la condition humaine, la transmission des héritages et la puissance du corps comme langage universel.
Du côté de la famille, la fille de l’artiste, Mariane Sow, s’est félicitée de cette initiative qui permet enfin aux Sénégalais d’accéder pleinement à l’œuvre de leur compatriote. Elle a rappelé que les sculptures avaient failli quitter définitivement le pays, rendant cette exposition encore plus symbolique.
Figure majeure de la sculpture mondiale, Ousmane Sow avait marqué les esprits avec son exposition spectaculaire sur le Pont des Arts à Paris, qui avait attiré près de trois millions de visiteurs. Aujourd’hui, c’est
Dakar qui devient le cœur battant de son héritage.
Avec cette rétrospective exceptionnelle, le Sénégal célèbre non seulement un artiste, mais aussi une mémoire retrouvée. Une invitation à redécouvrir, sur son propre sol, l’une des œuvres les plus puissantes de l’art africain contemporain.



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