Les délégués du personnel d’Air Sénégal ont publié une note d’alerte pour signaler une aggravation de la situation financière, opérationnelle et sociale de la compagnie nationale. Selon eux, la situation appelle à une prise de décision urgente et responsable, impliquant autorités, partenaires et travailleurs.
Ils dénoncent une dette estimée à plusieurs centaines de milliards de FCFA, principalement envers les fournisseurs, partenaires financiers et sous-traitants. Selon eux, cette dérive serait liée à des choix d’acquisition d’avions contraires au Business Plan initial et à un recours intensif à des avions affrétés ACMI dans des conditions jugées défavorables. Depuis janvier 2025, la compagnie aurait fait appel à une dizaine de loueurs pour ses opérations, alors que la rentabilité de ces vols est jugée très incertaine. Les conséquences se font déjà sentir : trésorerie fragile, retards de salaires et perte de confiance des partenaires et clients, d’après le communiqué.
A en croire les délégués, la flotte d’Air Sénégal est désormais fortement réduite : un seul ATR72 reste opérationnel, tandis que les deux Airbus A330-900 NEO sont immobilisés à Dakar et Rome faute de maintenance et de financement. Pour assurer la liaison Dakar–Paris, la compagnie aurait loué un Boeing 777 âgé de 22 ans, dont les coûts d’exploitation seraient jusqu’à 30 % plus élevés que ceux des A330-900 NEO, alors que le taux de remplissage reste faible. La flotte régionale a également été affectée par le retrait d’Airbus A319 et A321, remplacés par trois Airbus A320 affrétés à GetJet, avec « des coûts mensuels importants ». Les délégués critiquent des décisions prises dans l’urgence, parfois « en contradiction » avec la capacité opérationnelle de la compagnie.
Les représentants du personnel évoquent également l’absence d’objectifs clairs et d’indicateurs précis, ainsi qu’une stratégie de réseau difficilement compréhensible, notamment la fermeture de lignes historiquement rentables et l’expansion vers des destinations à faible remplissage. L’organisation souffrirait de doublons dans les postes de direction, de nominations opaques, de cumuls de fonctions et de suspicions de népotisme. Le climat social serait fragilisé par des sanctions jugées abusives ou incohérentes, touchant hôtesses, agents et managers, parfois relayées dans la presse via des rapports internes.












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