L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a tenu, ce jeudi à Kaolack, une importante session de suivi des recommandations issues de ses activités de prévention. Cette rencontre, présidée par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Mamadou Habib Kamara, marque une étape décisive dans la stratégie de l’OFNAC pour ancrer durablement la culture de l’intégrité dans les territoires.
Depuis 2019, l’OFNAC a parcouru les 46 départements du Sénégal, menant une campagne intensive de sensibilisation. La région de Kaolack a accueilli cette initiative du 5 au 13 juin 2024. Le message porté à travers ces journées est clair : la corruption n’est pas une fatalité, et sa prévention passe par l’implication de tous.
« Ces journées ont permis, malgré les contraintes logistiques et institutionnelles, de faire émerger un rejet croissant de la corruption au sein de nos communautés », a déclaré François Diouane Ndiaye, chef du département prévention de l’OFNAC. Il souligne toutefois un défi majeur : l’absence, au niveau local, d’un cadre structuré et durable pour maintenir les dynamiques enclenchées.
Selon M. Ndiaye, il est crucial que les efforts ne s’arrêtent pas à de simples campagnes ponctuelles. « Une fois leurs missions achevées, trop souvent les dynamiques s’essoufflent, et avec elles, les espoirs d’un enracinement local des principes de transparence, de redevabilité et d’intégrité », a-t-il averti.
Pour y remédier, l’OFNAC propose une nouvelle approche : la création de cellules locales de veille et d’alerte, chargées de suivre les engagements pris, mais aussi de signaler toute dérive. Ces structures communautaires devraient devenir les relais permanents de l’OFNAC sur le terrain.
« On ne peut pas construire une société intègre sans l’implication active des relais communautaires, des chefs de village, des leaders religieux, des enseignants, des jeunes et des services déconcentrés », a insisté François Diouane Ndiaye. Ces figures locales, vecteurs de confiance et d’influence, sont appelées à jouer un rôle central dans cette stratégie.
La session de Kaolack s’inscrit donc dans une démarche de continuité et de territorialisation de la lutte contre la corruption. Pour M. Ndiaye, il ne s’agit plus de faire de la sensibilisation un événement isolé, mais un processus vivant, porté par les communautés elles-mêmes.











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