Alors que la Banque africaine de développement (BAD) s’apprête à élire son nouveau président, la candidature du Sénégalais Amadou Hott suscite à la fois optimisme et interrogations. Fort d’une expérience de 23 ans au sein de l’institution, l’ancien ministre de l’Économie semble bien positionné. Toutefois, les récents échecs du Sénégal dans les courses aux postes de leadership international, comme ceux du Dr Ibrahima Socé Fall à l’OMS Afrique et du Pr. Abdoulaye Bathily à l’Union africaine, invitent à la prudence. Entre alliances stratégiques, dynamiques régionales et enjeux de positionnement, cette candidature représente un test crucial pour l’influence sénégalaise sur la scène africaine.
La Banque africaine de développement (BAD) a dévoilé, le 21 février, les cinq candidats officiellement retenus pour succéder au Nigérian Akinwumi Adesina à la tête de l’institution. Parmi eux, le Sénégalais Amadou Hott, un nom qui suscite à la fois espoir et prudence au vu des récents échecs du Sénégal dans les compétitions pour les postes de leadership international. Alors que l’élection est prévue pour le 29 mai, la candidature d’Amadou Hott soulève des questions sur les chances de succès, les risques encourus et les leçons à tirer des échecs passés.
Parallèlement, une autre candidature sénégalaise retient l’attention : celle de Me Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), qui brigue un siège au Conseil de la FIFA.
Ces deux candidatures, bien que distinctes, s’inscrivent dans une dynamique plus large où le Sénégal cherche à affirmer son leadership sur la scène internationale, que ce soit dans le sport, la finance ou la diplomatie.
Amadou Hott : un profil solide, mais des défis à surmonter
Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération, est un vétéran de la BAD. Avec 23 ans d’expérience au sein de l’institution, il a occupé des postes clés, notamment celui de vice-président chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte. Son expertise et son réseau au sein de la BAD font de lui un candidat sérieux. Magatte Wade, ancien chef de la Communication et des Relations extérieures de la BAD, estime qu’Amadou Hott est ‘’bien positionné’’ et a ‘’le chemin tracé’’, à condition de surmonter les ‘’obstacles internes et externes’’.
Cependant, la course à la présidence de la BAD s’annonce disputée. Les autres candidats, notamment la Sud-Africaine Bajabulile Swazi Tshabalala et le Mauritanien Sidi Ould Tah, sont des concurrents redoutables. La candidature de M. Tah, soutenue par la Côte d’Ivoire, ajoute une dimension politique à la compétition. Magatte Wade considère, dans les colonnes du ‘’Soleil’’ que ce soutien n’est pas une position de principe, mais politique, et suggère que les autorités sénégalaises pourraient encore convaincre le président ivoirien Alassane Ouattara de réviser son positionnement. La localisation du siège de la BAD en Côte d’Ivoire rend ce soutien crucial.
Me Augustin Senghor : une candidature indépendante, mais stratégique
Dans un contexte où le Sénégal multiplie les candidatures pour des postes de leadership international, une nouvelle figure émerge sur le devant de la scène : Me Augustin Senghor. Depuis plusieurs semaines, ses intentions devenaient de plus en plus claires. À 59 ans, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a officialisé, le samedi 22 février, sa candidature pour un siège au Conseil de la FIFA. Cette annonce s’inscrit dans la dynamique des ambitions sénégalaises de s’imposer dans les instances internationales, qu’elles soient sportives, économiques ou politiques.
Contrairement à la candidature d’Amadou Hott à la présidence de la BAD, celle de Me Augustin Senghor ne bénéficie pas du soutien officiel du gouvernement sénégalais. Cependant, pour des observateurs comme Demba Varore, cet appui étatique n’est pas une condition sine qua non pour remporter un siège au Conseil de la FIFA. Contrairement à des postes comme la présidence de la Confédération africaine de football (Caf), où le lobbying diplomatique et le soutien des États jouent un rôle décisif, les élections à la FIFA sont plus influencées par les réseaux internes du football et la crédibilité des candidats.
Maitre Augustin Senghor dispose d’atouts indéniables pour briguer ce poste. Ancien avocat et figure respectée du football africain, il a su se construire une réputation solide au fil de ses quatre mandats à la tête de la FSF. Sous sa direction, le football sénégalais a connu un essor remarquable, avec des performances historiques comme la victoire des Lions à la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2021. Ces succès, combinés à son expérience et à son réseau au sein de la FIFA, font de lui un candidat sérieux.
‘’En coulisses, il est probable que Me Senghor ait informé Khady Diène Gaye, la ministre des Sports du Sénégal, de sa candidature. Bien que le soutien de l’État ne soit pas déterminant dans ce cas précis, une coordination discrète entre les autorités sportives et gouvernementales pourrait renforcer sa position. Par ailleurs, si Me Senghor est élu au Conseil de la FIFA, il ne briguera vraisemblablement pas un cinquième mandat à la tête de la FSF, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de dirigeants sportifs au Sénégal’’ renseigne le journaliste Varore.