
Quelques jours après l’annonce d’un « accord historique » avec le FMI, l’agence Standard & Poor’s (S&P) a fortement dégradé la note souveraine du Sénégal :
– Note en devises : CC
– Note en monnaie locale : CCC
– Perspective : négative, avec un risque explicite de nouvelle dégradation.
Pendant que le gouvernement communique sur un retour de la confiance et sur un Plan de traitement de la dette (PTDS) présenté comme « responsable », les agences de notation envoient un message très différent.
- Ce que dit vraiment S&P
S&P ne se contente pas d’abaisser une note. Elle envoie un signal particulièrement fort :
une restructuration de la dette est désormais jugée extrêmement probable ;
dans le cadre du PTDS, les créanciers en devises pourraient subir des pertes, sous la forme d’une réduction du principal ou des intérêts, ou encore d’un allongement des échéances ;
le risque de défaut sélectif sur la dette commerciale en devises est jugé extrêmement probable.
En clair, le plan gouvernemental n’est pas interprété comme une solution pleinement rassurante, mais comme le cadre d’une restructuration susceptible d’organiser des pertes pour une partie des créanciers. - Pourquoi c’est un camouflet politique
Le gouvernement avait présenté l’accord avec le FMI comme :
un signe de retour de la confiance ;
une preuve que la stratégie de sortie de crise fonctionne ;
un levier permettant de rétablir progressivement l’accès aux marchés.
Or, S&P et Moody’s livrent une lecture beaucoup plus prudente :
l’accord avec le FMI n’est pas encore définitivement validé par le Conseil et reste soumis à des conditions ;
le PTDS est interprété comme un dispositif pouvant conduire à une restructuration avec des pertes pour certains créanciers ;
la trajectoire politique demeure jugée incertaine, dans un contexte de tensions institutionnelles et de crédibilité entamée.
Le storytelling officiel se heurte ainsi à la lecture froide des marchés. - Conséquences concrètes pour l’économie et les citoyens
Cette dégradation n’est pas qu’un détail technique.
Coût du crédit plus élevé : tout nouvel emprunt de l’État risque de coûter davantage, ce qui pourrait alourdir le service de la dette future.
Marges de manœuvre réduites : les capacités de financement des grands projets, des politiques sociales et des priorités nationales — emploi, jeunesse, services publics — peuvent s’en trouver davantage contraintes.
Risque accru de crise de confiance : une dégradation de la notation peut décourager certains investisseurs, accroître la pression financière dans l’espace UEMOA et durcir les conditions de financement des entreprises sénégalaises sur les marchés internationaux.
In fine, la facture de la crise ne sera pas payée par les communicants, mais risque d’être supportée par les ménages et les entreprises. - Où est la souveraineté promise ?
Le discours officiel met en avant :
la souveraineté ;
la rupture ;
la maîtrise de la trajectoire économique.
Mais dans les faits :
le Sénégal s’inscrit dans un programme avec le FMI, assorti de conditions et d’engagements précis ;
la restructuration de la dette se déroule sous une supervision étroite du FMI et en concertation avec les créanciers ;
les agences de notation considèrent désormais une restructuration comme extrêmement probable, ce qui traduit une dégradation de la perception de la capacité du pays à maîtriser seul sa trajectoire financière.
Un véritable projet de souveraineté aurait dû consister à :
faire d’abord le ménage dans la gestion publique — lutte contre la fraude, réexamen des exonérations abusives et réduction du gaspillage ;
renforcer les ressources propres de l’État ;
négocier avec les créanciers dans une position plus solide ;
protéger en priorité les intérêts des Sénégalais. - Ce que cela doit changer dans le débat public
Cette actualité doit nous conduire à formuler trois exigences essentielles :
Vérité : publication intégrale des documents relatifs au FMI et au PTDS, des scénarios d’évolution de la dette et des engagements précis pris par l’État.
Responsabilité : qui assume les choix passés et présents ? Qui rend des comptes sur chaque franc emprunté et sur chaque réforme mise en œuvre ?
Souveraineté réelle : quelle stratégie permet de réduire durablement la dépendance financière, de renforcer les ressources propres du pays et de replacer les intérêts des Sénégalais au centre des décisions ?
Entre la « victoire » affichée dans la communication officielle et le « défaut probable » redouté par les agences de notation, les Sénégalais sont en droit de demander autre chose que des discours.
Ils doivent exiger des comptes, des vérités et une véritable stratégie de souveraineté économique.
Dr Mouhamed Ben Diop
Président du parti PASS-PASS



















![[ Contribution] UN NOUVEL ENGAGEMENT, UNE MÊME AMBITION POUR LE FOUTA ET LE SÉNÉGAL](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/IMG-20260905-WA0031_1-360x180.jpg)



![[ CHRONIQUE BBF] Le Sénégal retrouve enfin une bouffée d’oxygène…….Par Babou Biram Faye](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/IMG-20260902-WA0045-360x180.jpg)



![[ Vidéo] Norvège : un navire russe saisi dans l’Arctique](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260904-101902-340x180.png)


![[ Vidéo] Zambie : le temple Shaolin de Lusaka forge bien plus des combattants](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260902-094635-360x180.png)

![[ Vidéo] Les États-Unis frappent l’Iran, Téhéran riposte sur ……..](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260902-093930_1-360x180.jpg)
![[Vidéo] Au Népal, les inondations font plus de 900 morts](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot_20260831-094158-360x180.png)

























