
Pendant deux longues années, le Sénégal a négocié avec ses partenaires financiers pour mobiliser les ressources nécessaires au financement de son économie et à la mise en œuvre de ses projets.
Aujourd’hui, une nouvelle perspective s’ouvre.
Le Sénégal vient de décrocher un financement conséquent : 2,2 milliards de dollars, soit 1 245 milliards de francs CFA.
Il faut le dire sans détour : c’est une bouffée d’oxygène pour notre économie nationale. Et cette bouffée d’oxygène devrait être saluée par tous les citoyens sénégalais, au-delà des clivages politiques, des appartenances partisanes et des querelles de personnes.
Car lorsqu’une ressource financière nouvelle peut permettre à l’État de payer ses dettes intérieures, de soutenir des entreprises en difficulté, de préserver des emplois, d’accompagner les populations vulnérables ou encore de répondre aux difficultés des étudiants, ce n’est pas une victoire d’un camp contre un autre. C’est, potentiellement, une victoire du Sénégal.
La dette n’est pas le problème. La mauvaise dette l’est.
Il faut sortir des caricatures.
Toutes les grandes économies ont eu recours à l’endettement pour financer leur développement. Les pays les plus puissants du monde figurent souvent parmi les États les plus endettés. La véritable question n’est donc pas de savoir si un État doit ou non s’endetter. La question fondamentale est de savoir pourquoi il s’endette, à quel coût, pour financer quelles priorités et avec quelle capacité de remboursement.
Une dette destinée à financer des investissements productifs, à soutenir l’économie, à préserver les emplois et à renforcer les capacités nationales peut être un puissant levier de développement. La dette devient dangereuse lorsqu’elle ne produit ni richesse, ni croissance, ni emplois.
Transformer l’oxygène financier en oxygène économique
Le financement obtenu doit maintenant produire des effets concrets.
Il devrait permettre notamment d’apurer une partie des arriérés intérieurs, de restaurer la confiance des fournisseurs et des entreprises, d’accompagner les sociétés en difficulté et de préserver des emplois.
Il doit également contribuer à renforcer les dispositifs sociaux en faveur des populations les plus vulnérables et à apporter des réponses aux préoccupations du monde étudiant.
Car l’objectif ultime doit être simple : faire en sorte que l’argent mobilisé par l’État retrouve le chemin de l’économie réelle.
Lorsqu’un État paie ses fournisseurs, les entreprises peuvent à nouveau fonctionner.
Lorsqu’elles fonctionnent, elles préservent leurs emplois.
Lorsqu’elles créent ou maintiennent des emplois, elles soutiennent les familles.
Et lorsque les familles retrouvent du pouvoir d’achat, c’est toute l’économie qui respire.
L’État doit libérer les énergies
Le Sénégal a besoin d’un secteur privé dynamique, d’entreprises solides, de PME compétitives et d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de créer de la richesse et des emplois.
La fiscalité est indispensable au fonctionnement de l’État. Mais elle doit rester compatible avec la capacité contributive des acteurs économiques.
Une pression fiscale excessive peut produire l’effet contraire à celui recherché : fragilisation des entreprises, baisse de l’investissement, fermeture d’activités et destruction d’emplois.
La priorité doit donc être de libérer les énergies économiques, plutôt que de multiplier les obstacles à ceux qui investissent, entreprennent et prennent des risques.
Diomaye et LO : transformer l’opportunité en résultats
Le Président Bassirou Diomaye Faye et le Gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Amine LO disposent désormais d’une responsabilité majeure : transformer cette marge de manœuvre financière en résultats économiques et sociaux.
Cette nouvelle séquence doit être placée sous le signe de la rigueur, de la transparence, de la responsabilité et de l’efficacité.
Chaque franc mobilisé doit avoir une destination claire.
Chaque dépense doit pouvoir être justifiée.
Chaque investissement doit produire un impact.
Et chaque décision doit être évaluée à l’aune d’une seule exigence : l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais.
Une bonne nouvelle qui doit dépasser les clivages
Il faut surtout éviter une erreur : transformer cette annonce en une nouvelle bataille politique.
La souffrance économique n’a pas de couleur politique. Le chômage ne demande pas à quelle coalition appartient celui qui cherche un emploi.
L’entreprise qui ferme ne demande pas pour qui l’on a voté.
L’étudiant en difficulté ne demande pas quelle est l’étiquette politique de celui qui lui apporte une solution.
Et le ménage qui peine à joindre les deux bouts attend simplement que l’État agisse.
C’est pourquoi cette bouffée d’oxygène doit être saluée par tous les Sénégalais : majorité comme opposition, acteurs économiques comme citoyens ordinaires.
Soutenir une bonne nouvelle pour le Sénégal ne signifie pas renoncer à son esprit critique. On peut être opposant et souhaiter la réussite économique du pays. On peut appartenir à la majorité et exiger davantage de transparence.
Le patriotisme économique doit être supérieur aux clivages politiques.
Le Sénégal appartient à tous ses enfants.
L’heure des résultats
Le pays n’a donc plus besoin d’une guerre de slogans autour de la dette. Il a besoin de pragmatisme.
Emprunter pour investir.
Investir pour produire.
Produire pour créer des emplois.
Créer des emplois pour réduire la pauvreté.
Et réduire la pauvreté pour renforcer la stabilité sociale.
Voilà la logique qui doit guider cette nouvelle étape.
Dieu soit loué : le Sénégal dispose enfin d’une bouffée d’oxygène financière.
Saluons-la collectivement.
Mais surtout, transformons-la en oxygène économique, en emplois, en investissements, en soutien aux entreprises et en mieux-être pour les populations.
C’est à cette condition que le financement prendra tout son sens. Et c’est à cette condition également que le Président Bassirou Diomaye Faye et le Gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Amine LO pourront inscrire cette opération dans une véritable dynamique de relance nationale.
Le Sénégal avant les partis.
Le Sénégal avant les querelles.
Le Sénégal avant les clivages.
Babou Biram FAYE
Journaliste – Communicant – Analyste politique



















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