La Guinée accélère ces dernières années la modernisation de son réseau routier, longtemps caractérisé par un déficit d’entretien et une faible densité. Portés par le programme Simandou 2040, les investissements prévus visent à renforcer la connectivité nationale et régionale.
Le réseau routier guinéen est passé de 43 493 km en 2011 à environ 45 300 km aujourd’hui, selon les données de l’Agence nationale de gestion des routes. Il comprend 7 576 km de routes nationales, dont 2 779 km revêtus et 4 797 km non revêtus, ainsi que 2 000 km de voiries urbaines, 15 876 km de routes préfectorales et 19 846 km de routes communautaires.

Bien qu’elles ne représentent qu’une part limitée du linéaire total, les routes nationales revêtues supportent près de 80 % du trafic routier, ce qui en fait un maillon essentiel pour les échanges économiques et la mobilité des personnes. Jusqu’en 2021 toutefois, l’état du réseau demeurait préoccupant.
Selon la Banque mondiale, seulement 30 % des routes nationales bitumées étaient alors en bon état, tandis qu’environ 75 % des routes nationales non revêtues étaient dégradées et souvent impraticables pendant la saison des pluies. Le déficit chronique d’entretien a longtemps constitué l’un des principaux freins, accélérant la détérioration des infrastructures existantes.
Des programmes structurants pour moderniser le réseau
Les progrès enregistrés ces dernières années s’inscrivent dans le cadre de plusieurs initiatives d’envergure, notamment le Programme stratégique Simandou 2040. Son troisième pilier est en effet consacré au développement d’infrastructures, avec un accent particulier mis sur les routes et la connectivité territoriale.
Le programme intègre plusieurs projets majeurs, parmi lesquels la reconstruction des axes nationaux Mamou – Faranah, Mamou – Labé, Boké – Gaoual et Kankan – Kissidougou. Il prévoit également l’extension des corridors régionaux et transfrontaliers, à l’image de l’axe Labé – Mali – Kédougou – Fongolembi, destiné à renforcer l’intégration économique avec les pays voisins.
En 2025, les travaux engagés ont notamment concerné la construction et la réhabilitation d’ouvrages d’art, dont les ponts sur les fleuves Tinguilinta (120 mètres) et Cogon (255 mètres), situés sur l’axe Boké – Québo – frontière de la Guinée-Bissau. Deux échangeurs sont également prévus sur l’autoroute de Kankan. Au total, 513 ponts et dalots ont été construits ou réhabilités, tandis que les chantiers de 14 ponts de désenclavement ont été lancés.

Un déficit de connectivité encore important
Malgré ces avancées, la couverture du territoire reste relativement faible. La densité du réseau routier est estimée à 3,8 km pour 100 km², un niveau inférieur à celui observé dans plusieurs pays de la sous-région, notamment au Ghana (6,2 km pour 100 km²) et en Côte d’Ivoire (5,1 km pour 100 km²). Par ailleurs, la forte concentration des infrastructures routières revêtues dans les principaux centres urbains continue de creuser des disparités territoriales, freinant le désenclavement des régions de l’intérieur et limitant l’accès des populations aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé et les marchés.
Afin de combler ce déficit, les autorités ambitionnent de construire 2 000 km d’autoroutes et 10 000 km de routes bitumées d’ici 2040. Pour 2026, les principaux projets inscrits au programme d’investissement comprennent la réalisation en 2×2 voies de l’axe Kankan – Kérouané – Beyla – Sinko – frontière ivoirienne, avec possibilité d’extension à 2×3 voire 2×4 voies, ainsi que la construction de la route à péage Kagbelen – Tanènè.
Le portefeuille comprend également la construction de la route nationale Dankakoro – Nafadji (frontière malienne) sur 51 km, la réhabilitation de l’axe Tanènè – Koba (70 km) à l’aide de la technologie Novocrete, ainsi que la construction d’un nouveau pont sur le fleuve Milo, accompagnée de la réhabilitation des ouvrages existants. Ces projets devraient contribuer à améliorer la connectivité intérieure et à soutenir les ambitions de croissance économique du pays.
Toutefois, la concrétisation de ces ambitions dépendra de plusieurs facteurs, dont la mobilisation des financements et l’amélioration de l’entretien du réseau. Les autorités devront également garantir la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques, et assurer une meilleure desserte des zones rurales, afin que les investissements engagés se traduisent effectivement par une amélioration de la mobilité et de l’intégration économique du pays.








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