Deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime Pastef, le ton se durcit dans l’arène politique sénégalaise. Réunie ce 2 avril 2026 à Dakar, la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance en place, dénonçant des dérives et appelant à un sursaut démocratique.
Face à la presse, le coordonnateur de la CDS, Nicolas Ndiaye, a dressé un tableau alarmant de la situation nationale, évoquant une « décadence multiforme de l’État et de la société ». Selon la coalition, les promesses de rupture, de redressement et d’espoir portées par le parti Pastef n’ont pas été tenues. « Gouverner, ce n’est pas proclamer, mais transformer », a insisté la CDS, dénonçant une gestion marquée par « l’improvisation » et la « conflictualité permanente ».
Sur le plan économique et financier, la CDS pointe une perte de crédibilité de l’État, évoquant une dégradation des relations avec les partenaires internationaux comme le Fonds monétaire international et une défiance accrue des investisseurs. Elle déplore également l’absence d’un plan de redressement « structuré et lisible ».
Dans le secteur productif, la coalition critique des décisions jugées « arbitraires », notamment dans le BTP et la filière arachidière, avec des mesures qui, selon elle, fragilisent les producteurs et font planer un risque de crise alimentaire.
La CDS s’inquiète aussi d’une « rupture du contrat social », citant des milliers de licenciements, des tensions dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi qu’une gestion « répressive » des revendications sociales.
Sur le plan judiciaire, elle dénonce une instrumentalisation de la justice, tandis qu’au niveau diplomatique, elle évoque un « effacement du Sénégal » sur la scène internationale. La coalition regrette notamment le manque de soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall à des fonctions internationales.
Enfin, la CDS alerte sur une « confusion institutionnelle » au sommet de l’État et une dégradation du débat public, marquée par la montée des invectives et des tensions politiques. Face à ce qu’elle considère comme une dérive généralisée, la Confédération appelle à une « alternative démocratique et responsable », fondée sur l’unité des forces politiques, la mobilisation citoyenne et la préparation des prochaines échéances électorales. « Le Sénégal mérite mieux », a conclu la CDS, appelant à un sursaut national pour restaurer la stabilité, la crédibilité et l’ambition du pays.












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