
La recherche scientifique sénégalaise franchit un cap stratégique. À travers la dynamique impulsée par la Fondation Amadou Mahtar Mbow, les savoirs endogènes s’imposent progressivement comme un levier crédible pour transformer durablement le système de santé, améliorer l’accès aux soins et réduire leur coût.
Présidant la première édition du “Prix Amadou Mahtar Mbow pour les savoirs endogènes”, le directeur de cabinet du chef de l’État, Mary Teuw Niane, a mis en lumière l’importance de cette initiative. Selon lui, la valorisation des connaissances locales constitue une voie prometteuse vers la découverte de nouveaux médicaments, tout en allégeant le fardeau financier qui pèse sur les ménages et les États.
Dans un contexte où les dépenses de santé figurent parmi les principales charges des familles, cette orientation apparaît comme une réponse structurante. Elle s’inscrit également dans une ambition plus large : bâtir une souveraineté pharmaceutique nationale, capable de répondre efficacement aux besoins sanitaires du pays.
Un prix pour stimuler l’excellence scientifique
Organisé en hommage à Amadou Mahtar Mbow, ancien directeur général de l’UNESCO, ce prix vise à encourager la recherche appliquée aux savoirs traditionnels africains. Malgré l’absence de lauréat pour le premier prix — faute de candidats ayant atteint la moyenne requise de 17/20 —, un prix d’encouragement a été attribué.
Il est revenu à l’enseignant-chercheur Cheikh Sall, de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, pour ses travaux portant sur des biomolécules issues de plantes médicinales, avec des applications potentielles dans le traitement du diabète et de la drépanocytose. Une reconnaissance qui illustre le potentiel concret des ressources locales dans la recherche thérapeutique.
Un vivier scientifique prometteur
Pour les responsables de la Fondation, cette première édition révèle surtout l’existence d’un important réservoir de chercheurs engagés dans l’étude des savoirs endogènes. Le président du conseil d’administration a ainsi salué la qualité des candidatures, tout en soulignant leur diversité et leur profondeur scientifique.
Au-delà de la compétition, cinq figures majeures du monde académique et scientifique africain ont également été distinguées pour l’ensemble de leurs travaux. Une manière de reconnaître des contributions durables qui participent à la structuration de la recherche sur le continent.
Vers une souveraineté pharmaceutique assumée
Présent à la cérémonie, le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, a rappelé l’enjeu stratégique de cette initiative. La transformation des savoirs traditionnels en solutions médicales modernes s’inscrit, selon lui, dans une vision claire : renforcer l’autonomie sanitaire du Sénégal.
Cette ambition prend tout son sens dans un contexte mondial marqué par des inégalités d’accès aux médicaments et par la dépendance aux importations pharmaceutiques. Miser sur les ressources locales et les compétences nationales apparaît ainsi comme une voie durable et souveraine.
Un héritage au service de l’avenir
Décédé en 2024 à Dakar, Amadou Mahtar Mbow laisse derrière lui un héritage intellectuel et politique majeur. Premier Africain à diriger l’UNESCO, il a consacré sa vie à la promotion du savoir, à la dignité des peuples et au rayonnement de l’Afrique.
À travers cette fondation qui porte son nom, son engagement trouve aujourd’hui une résonance nouvelle. Celle d’une Afrique qui innove à partir de ses propres ressources, et qui construit, pas à pas, les bases d’un système de santé plus accessible, plus équitable et résolument tourné vers l’avenir.











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