Le Sénégal s’apprête à lancer, à la fin de l’année 2026, le projet des Grands transferts d’eau (Gte). L’annonce a été faite, hier, jeudi 26 mars, par Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, lors d’une conférence de presse organisée à Diamniadio, informe »LE SOLEIL DIGITAL ».
Le projet des Grands transferts d’eau (Gte) sera officiellement lancé en fin 2026. C’est l’une des annonces phares de la conférence de presse animée, hier, jeudi 26 mars, à Diamniadio, par Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Cette activité, tenue en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’eau, marque aussi les deux années qu’il a passées à la tête de ce département. Les Gte constituent l’un des piliers majeurs de la nouvelle politique hydraulique du Sénégal. Selon le ministre, « les études sont intégralement terminées et nous sommes, aujourd’hui, dans les derniers ajustements avant le démarrage des travaux ». Ce vaste programme vise à mobiliser les ressources en eau disponibles, notamment à partir du Lac de Guiers, pour les acheminer vers les zones urbaines et rurales en forte demande, en particulier Dakar, Mbour, Thiès ou encore Touba.
L’infrastructure reposera sur des conduites de grande capacité, des stations de traitement modernes et des systèmes de distribution optimisés. Au-delà de l’aspect technique, le projet intègre une dimension sociale importante. « Il n’est plus acceptable que des localités traversées par des conduites d’eau ne puissent pas en bénéficier », a déclaré Cheikh Tidiane Dièye. Ainsi, plus de 50 localités seront raccordées au réseau dans le cadre de ce programme. Un volet agricole est également prévu avec l’acheminement de l’eau vers certaines zones pour soutenir les activités agricoles. « Nous voulons faire de l’eau un levier de développement économique et social », a-t-il ajouté. Pour les transferts d’eau vers Dakar, Mbour, Thiès et Touba, le projet devrait coûter plus de 1.000 milliards de FCfa.
Un financement que le Sénégal compte décrocher dans le cadre d’un partenariat public-privé. Par ailleurs, le gouvernement renforce ses interventions en milieu rural à travers des projets structurants et un programme d’urgence destiné à améliorer rapidement l’accès à l’eau potable. Grâce à la renégociation des contrats, le nombre de forages prévus est passé de 85 à plus de 100, permettant d’élargir significativement la couverture. Parallèlement, a rappelé M. Dièye, un programme d’urgence de 10 milliards de FCfa est mis en place pour répondre aux besoins immédiats. « Nous ne pouvions pas attendre les grands projets pour régler les urgences. L’eau est une priorité absolue », a souligné le ministre. Ce programme vise notamment la réhabilitation des forages en panne, la mise en service d’infrastructures existantes et le raccordement de nouvelles localités. Des investissements complémentaires sont également en cours dans plusieurs régions du pays. « Notre objectif est de garantir l’équité territoriale et de faire du monde rural un véritable levier de développement », a-t-il affirmé.
Plus de 6 milliards de FCfa pour achever l’usine des Mamelles
Au départ, l’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles devait coûter 158 milliards de FCfa. Il s’agit de 137 milliards de FCfa prêtés par le Japon et 21 milliards de l’État du Sénégal. Mais, avec la chute du yen, la monnaie japonaise, le projet a connu des dépenses supplémentaires. Par conséquent, l’État du Sénégal a décidé de prendre ses responsabilités pour finaliser l’infrastructure, un projet stratégique destiné à sécuriser l’approvisionnement en eau potable dans la capitale. Ainsi, le gouvernement a inscrit près de 6 milliards de FCfa dans la loi de finances 2026 afin d’achever la première phase des travaux. « Nous sommes responsables. L’eau qui sera produite sera destinée aux Sénégalais et nous sommes les premiers à vouloir servir nos populations », a expliqué Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Lors de la conférence de presse qu’il a animée, hier, jeudi 26 mars, il est revenu en détail sur les contraintes rencontrées, pointant notamment le choix initial de libeller le contrat en monnaie japonaise. « Le financement a été obtenu du Japon et le contrat a été libellé en yen. Si j’étais là à l’époque, cela n’aurait jamais été fait sous cette forme-là », a-t-il martelé, pointant du doigt l’ancien régime. Selon lui, ce choix expose le pays aux fluctuations monétaires. « On ne peut pas accepter qu’un contrat soit fait dans une monnaie fluctuante. Votre monnaie peut baisser, votre politique monétaire évoluer et nous supportons ensuite le déficit », a protesté le ministre.
La dépréciation du yen a ainsi entraîné un important déficit de financement, obligeant l’État à intervenir directement. « Ce n’est pas de notre faute, c’est parce que le yen a baissé. Aujourd’hui, cela a créé un déficit que nous devons combler », a ajouté Cheikh Tidiane Dièye. Malgré ces contraintes, les autorités affichent une détermination totale à mener le projet à terme, quitte à mobiliser des ressources internes. « Si un partenaire ne peut pas financer, l’État le fera. Cela peut prendre du temps, mais nous irons jusqu’au bout. Entre 2026 et 2027, nous pourrons livrer les premiers 50 000 m³ », a-t-il promis.
Une nouvelle stratégie pour faire face aux inondations
La gestion des inondations demeure un défi majeur dans un contexte marqué par le changement climatique. Les autorités ont, dès lors, élaboré une nouvelle stratégie nationale axée sur des solutions durables et adaptées. Plusieurs projets sont en cours, particulièrement à Touba et dans d’autres zones vulnérables, avec la construction de canalisations de grande capacité et d’ouvrages de drainage. « Nous avons fait le choix d’une approche basée sur le respect des écoulements naturels », a indiqué le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Cheikh Tidiane Dièye a toutefois rappelé que le risque zéro n’existe pas : « Aucun pays au monde n’est à l’abri des inondations, surtout face à des pluies extrêmes ». Malgré tout, des progrès sont notés dans plusieurs localités. « Là où des ouvrages ont été réalisés, les impacts ont été considérablement réduits », a-t-il souligné.
Transformer en profondeur le secteur de l’eau
La réforme de troisième génération marque une nouvelle étape dans l’évolution du secteur hydraulique. Elle repose sur un changement de paradigme avec une volonté de rupture par rapport aux modèles précédents. « Nous sommes dans un moment de transformation systémique », a affirmé le ministre Cheikh Tidiane Dièye. Parmi les principales innovations figure la convergence entre l’hydraulique urbaine et rurale afin de réduire les disparités. La réforme prévoit également une nouvelle gouvernance intégrant l’État, le secteur privé et les collectivités territoriales. L’autre avancée majeure est la création d’une Autorité de régulation du secteur de l’eau et l’élaboration d’un nouveau Code de l’eau dont l’actuel date de 1981. « Le cadre actuel n’est plus adapté aux défis d’aujourd’hui. Il fallait le réformer en profondeur », a expliqué le ministre. Le calendrier est déjà fixé avec une mise en œuvre progressive jusqu’en 2029.











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