À l’issue de la réunion du Comité national de gestion des inondations, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a livré un diagnostic sans complaisance de l’hivernage écoulé. Entre progrès techniques notables, coordination perfectible et pertes humaines douloureuses, l’État annonce un tournant stratégique majeur en vue de l’hivernage 2026.
« Le bilan technique est fait », a affirmé le ministre Cheikh Tidiane Dièye, précisant que l’ensemble du dispositif national de gestion des inondations a été passé au crible. Fait inédit cette année : le recours à un consultant indépendant, chargé d’auditer toutes les structures opérationnelles et les acteurs impliqués. « Il les a écoutés, recueilli leurs préoccupations, évalué leurs actions et leurs résultats. Tout cela a été compilé dans le rapport présenté ce matin », a-t-il expliqué.
Le document dresse un tableau lucide, mettant en lumière aussi bien les acquis que les manquements. « Il montre les résultats, mais aussi les failles, les fautes et les erreurs à corriger. C’est à ce prix que nous progresserons dans une logique de rectification permanente », a insisté le ministre.
Des pertes humaines qui appellent à plus de prévention
Sur le plan humain, le ministre n’a pas esquivé la gravité de la situation. « Nous avons perdu des vies humaines, et c’est toujours dramatique », a-t-il déclaré, évoquant notamment les décès récents de jeunes garçons à Kaolack. « J’ai personnellement appelé leurs parents pour leur présenter nos condoléances. »
Pour lui, ces drames imposent une remise en question profonde des dispositifs de prévention. « Les bassins doivent être clôturés et sécurisés. Face à des pluies exceptionnelles et à des ruissellements violents, l’anticipation est indispensable. Même si la volonté divine intervient, notre responsabilité est de réduire au maximum ces pertes. »
Transparence et redevabilité annoncées
Interpellé sur les ressources financières mobilisées, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la transparence. « Toutes les informations financières seront communiquées, au moment opportun et dans les cadres appropriés », a assuré, le ministre Cheikh Tidiane Dièye..
Une conférence de presse est d’ailleurs annoncée avant la fin de l’année. « Nous reviendrons en détail, avec nos équipes techniques, sur ce qui a été fait, ce qui a fonctionné et les difficultés rencontrées. Les citoyens ont le droit de savoir. »
Une stratégie nationale pour anticiper les risques climatiques
Le ministre a également mis l’accent sur l’importance du savoir et de la planification. « On ne maîtrisera jamais totalement les phénomènes climatiques, mais construire la connaissance est essentiel », a-t-il souligné, évoquant la stratégie nationale de gestion intégrée des inondations, fondée sur des études scientifiques, la cartographie et des projections climatiques.
Cette stratégie sera prochainement soumise au gouvernement. « Une fois adoptée, nous engagerons sa mise en œuvre accompagnée d’un vaste effort de communication. Une stratégie inconnue des populations ne sert à rien », a-t-il martelé.
Coordination renforcée et tolérance zéro sur les lotissements anarchiques
Cap sur 2026 avec un mot d’ordre : discipline et coordination. « Désormais, aucun projet ne sera lancé sans concertation préalable entre toutes les structures concernées. Il faut une position commune avant toute action », a averti le ministre.
Il a également été catégorique sur la question foncière. « Les lotissements sur les voies naturelles d’écoulement ne seront plus tolérés. Des mesures d’interdiction, de suspension et, si nécessaire, de déguerpissement seront prises. Le décret d’utilité publique signé par le Président de la République sera appliqué. »
Autre changement majeur : la gestion du matériel de lutte contre les inondations. « Il ne s’agit plus de distribuer sans suivi. Le matériel devra être collecté, entretenu et stocké dans des sites sécurisés pour être redéployé efficacement. »
Vigilance climatique et mobilisation immédiate
Enfin, le ministre a annoncé un renforcement de la veille climatique en collaboration avec l’ANACIM et la DPGI. « Les systèmes d’alerte ont déjà permis à de nombreuses populations d’anticiper cette année. Nous allons monter en puissance. »
En conclusion, il a lancé un appel clair à l’action : « La préparation de l’hivernage 2026 commence maintenant. Là où nous avons failli cette année, des actions concrètes doivent être planifiées et suivies. Le temps passe vite. Les prochaines pluies arriveront plus tôt qu’on ne le pense. »
Un message sans ambiguïté : pour mieux protéger les populations, l’anticipation ne peut plus attendre.






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