Quatre-vingt ans après sa création, l’ONU affronte une grave crise de légitimité. Contestée par Israël, impuissante face au conflit en cours, l’organisation semble assister, impassible, à la catastrophe qu’elle devait prévenir. « Nations désUnies, le Proche-Orient dans la tourmente », un documentaire de Maxime Cotteret à voir le 30 octobre à 22h35 sur La Une et en streaming sur Auvio.
ONU et Israël
Le 7 octobre, 1200 Israéliens sont assassinés et 251 otages sont capturés. En l’espace de trois jours, l’État Hébreu largue 3000 tonnes de bombes sur Gaza, l’une des zones les plus densément peuplées au monde. Face aux désastres et à l’horreur du terrain, les institutions tentent de faire cesser le conflit, en vain… « La puissance de l’ONU est plus que jamais remise en question, celle qui est née avec la partition de la Palestine, va-t-elle mourir avec ? », interroge le documentaire.
Les rapports entre l’organisation intergouvernementale et Israël sont dès les origines assez conflictuels, comme le raconte Ardi Imseis, expert à la Cour Internationale de Justice : « Le 17 septembre 1948, Lord Folke Bernadotte, le médiateur suédois de la mission pour la Palestine est assassiné par des groupes sionistes », celui-ci avait déclaré dans un rapport qu’il n’y aurait pas de paix « sans le retour des réfugiés palestiniens qui avaient été victimes d’un nettoyage ethnique sur leur territoire. Il a été assassiné pour sa déclaration alors que lui-même avait sauvé plusieurs centaines de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. »
Sur le terrain, l’ONU n’a ni autorité militaire ni pouvoir contraignant : les résolutions du Conseil de sécurité restent lettre morte. Pourtant, à l’origine, l’ONU pourrait être considérée comme alliée à Israël. Dans les années 60, avec les vagues de décolonisation, la tendance change. Aujourd’hui, ses 193 États membres comptent beaucoup d’anciens pays colonisés qui se sont toujours opposés au découpage proposé du territoire palestinien.
Francesca Albanese, porte-parole d’un génocide
Près de 80 ans plus tard, les tensions demeurent. António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies et Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens sont tous les deux déclarés « Persona non grata » en Israël. Ils ont interdiction de se rendre sur le territoire et donc en Palestine.
Francesca Albanese est, en effet, très peu appréciée par l’Etat hébreu. Elle sera une des premières voix à dénoncer le génocide en cours, et présente tous les six mois un rapport sur les violations des droits humains qui y sont commis. Pour elle, il est très clair qu’Israël procède à un « effacement colonial par le génocide ». Elle déclare notamment : « Ne confondons pas les motivations et les intentions. Il ne fait aucun doute que les Israéliens ont été pris de rage face à l’horreur qu’ils ont subie le 7 octobre, et nous devons reconnaître clairement ce qu’a enduré la société israélienne, mais cessons de parler de conflit. Il ne s’agit pas d’un conflit, ni d’une guerre, à moins que vous ne le qualifiiez de conflit opposant des colons à des colonisés, dans lequel l’armée nationale affronte une population épuisée. »
Pour son travail, la juriste experte du conflit subit de nombreuses campagnes de diffamation et est même arrêtée en Allemagne pour ses propos, bien que rapidement relâchée par son immunité diplomatique. Pour le documentaire, la stratégie d’Israël est claire : « pour tuer le message viser le messager ».
Pourtant, rien n’arrête Francesca Albenese. Pour elle, il faut à tout prix arrêter les massacres en cours, mais ce positionnement lui vaut d’être considérée à la jonction entre fonction onusienne et activisme.
« Les Nations-Unies ont failli à faire cesser l’impunité. Ils ont failli fonctionner en tant que mécanisme de prévention des conflits. Et là, devant un génocide. l’Europe, pas seulement ne fait rien, on continue globalement à aider, à tolérer et à créer l’environnement pour ne pas bloquer le génocide. Je trouve que c’est affreux que ce soit des citoyens à devoir se charger de la responsabilité de briser le siège », déclare-t-elle.
Seulement, comme le souligne le documentaire, reconnaître le génocide à Gaza obligent les pays à réagir, ce que certains d’entre eux refusent, comme ça a déjà été le cas par le passé : « Au Rwanda, en 1994, les Etats-Unis s’étaient opposés à l’utilisation du mot génocide, car le qualificatif n’est pas vain. Il oblige légalement les Etats à le prévenir et à y mettre fin. Mais que peut l’ONU si elle est amputée de la volonté des nations ?«



![[ Vidéos] Dakar : un programme nutritionnel d’envergure pour 1 500 talibés et des familles vulnérables lancé par le CNDN et la SAR](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/04/appuie-1-360x180.webp)







![[ Vidéo] Hommage à Tijane Sylla : quand la pensée managériale africaine revendique sa souveraineté](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260419-193526-360x180.png)














































