Invité à s’exprimer devant la presse ce mardi, Moussa Fall, président de l’Alliance pour le Développement Local (APRODEL), a opposé une fin de non-recevoir aux éventuelles alliances pour les prochaines municipales. Face aux journalistes, il a justifié son refus par des arguments juridiques solides, en s’appuyant sur la loi, mais aussi sur les besoins pressants de la ville de Kaolack.
« Le maire est désormais élu au suffrage universel direct »
Pour Moussa Fall, l’heure n’est plus aux arrangements politiques. Le leader d’APRODEL a convoqué les textes, et notamment la récente modification du Code général des Collectivités territoriales, pour asseoir sa position.
« Avec la réforme majeure engagée par l’État du Sénégal, notamment la loi n° 2021-35 du 23 décembre 2021, le mode de désignation du maire a radicalement changé. Aujourd’hui, l’article 92 dispose que le maire est élu au suffrage universel direct, et qu’il est la tête de la liste ayant obtenu le plus grand nombre de voix », a-t-il rappelé, visiblement à l’aise avec les arcanes juridiques.
Et d’enfoncer le clou : cette évolution met fin aux tractations en coulisses qui entouraient autrefois l’élection du maire par le conseil municipal. Désormais, l’édile tire sa légitimité du peuple, et sa responsabilité est pleinement personnelle. « Dans ce contexte, s’encombrer de coalitions hybrides n’a plus de sens, ni juridiquement, ni politiquement », tranche-t-il.
« Les coalitions, un frein à l’action locale »
Au-delà du cadre légal, l’argumentaire de Moussa Fall se veut pragmatique. Kaolack, dit-il, n’a plus de temps à perdre avec des alliances de façade. « Les dynamiques de coalition rassemblent souvent des forces hétéroclites qui ne partagent ni la même vision, ni les mêmes priorités pour la commune. Dans la pratique, cela pollue les débats au sein du conseil et retarde l’application des politiques locales », a-t-il déploré.
Pour le président d’APRODEL, une équipe municipale digne de ce nom doit reposer sur trois piliers indissociables : un programme clair, des convictions communes et une vision partagée. « Kaolack a des urgences à régler. L’eau, l’assainissement, les infrastructures, l’emploi des jeunes… Ces dossiers ne peuvent pas attendre que les partis politiques s’accordent sur des postes », insiste-t-il.
« Kaolack ne mérite plus ces calculs partisans »
Moussa Fall a conclu son intervention sur une note solennelle, en appelant à une rupture avec les pratiques du passé. « Le travail du maire et la ville de Kaolack ne méritent plus cela. Notre commune a trop d’urgences à traiter pour se perdre dans des querelles de positionnement », a-t-il martelé.
En refusant clairement l’idée d’une coalition, le leader d’APRODEL mise sur une liste autonome, soudée, et prête à porter seule le projet de développement local. Une position qui, dans un paysage politique où les alliances sont souvent la règle, pourrait redéfinir les règles du jeu à Kaolack.
Babacar Touré
























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